Relents de crise à la FFR

C’est une semaine contrastée que vient (encore) de vivre Bernard Laporte, le président de la Fédération Française de Rugby. Bien que rassuré par son audition auprès des enquêteurs du Ministère de la Jeunesse et des Sports, mardi dernier à Marcoussis, le patron de la FFR a vu l’un de ses bras droits vivement attaqué par un article paru chez nos confrères de Mediapart.

Qu’est-il donc reproché à Claude Atcher, puisque c’est de lui qu’il s’agit ? L’article en question rappelle d’abord que l’actuel porteur du dossier France 2023, placé à la tête de l’organisation du Mondial 2007 par Bernard Lapasset, avait à l’époque été remis en question par Vincent Roux-Trescases, le directeur général du comité d’organisation de France 2007. Le technocrate avait évoqué des « irrégularités […] sur plusieurs éléments du passé de Claude Atcher », puis demandé à Lapasset de l’écarter du projet. L’ancien patron de la FFR ayant refusé, Roux-Trescases avait démissionné un an avant le coup d’envoi de la compétition. Un peu plus loin, Mediapart évoque aussi le passé de dirigeant de Claude Atcher. Lorsque celui-ci était à la tête du club de Marseilles-Vitrolles, il aurait, si l’on en croit nos confrères, utilisé les finances d’un projet associatif fédéral (France Rugby Cité) pour des « paiements liés au personnel de Marseille XV ». Au sein de ce même article, Mediapart s’interroge enfin sur les termes du contrat de 120 000 euros liant la société de M. Atcher (Score XV) à la FFR pour la gestion de l’actuelle candidature. Les accusations visant Claude Atcher, relayées samedi par la presse irlandaise et britannique, sont autant de coups portés à Bernard Laporte et au projet France 2023. Qu’elles soient avérées ou non : Claude Atcher, interrogé par nos soins s’inscrivant en faux contre ces accusations et entend saisir la justice.

Réchauffement avec l’opposition fédérale ?

Si l’actualité autour de Bernard Laporte reste donc torride, tout n’est pas noir pour le président de la FFR. Jeudi soir, il a ainsi renoué le dialogue avec son homologue de la Ligue Paul Goze au cours d’une soirée de gala organisée par le groupe Vivendi en soutien au projet France 2023. Laporte et Goze, qui ne s’étaient pas parlé depuis plusieurs mois, ont publiquement avoué qu’ils marcheraient main dans la main pour la cause « nationale ». Peut-on vraiment les croire ? La crise ouverte entre les deux entités est-elle réellement en passe d’être réglée ? Toujours est-il qu’au-delà de la photo de famille, les deux hommes auraient également convenu d’un prochain rendez-vous afin de commencer à plancher sur la future convention LNR/FFR, notamment au sujet de la mise à disposition des internationaux. Des discussions ont aussi repris de manière informelle avec l’opposition fédérale, notamment au sujet de la réforme des comités territoriaux et des futures Ligues régionales.Vendredi, le président de la fédération a retrouvé le monde amateur en se rendant à Bourgoin-Jallieu pour le coup d’envoi du championnat de Fédérale 1 avant de rejoindre Annecy, le lendemain, pour une rencontre de Fédérale 2. Empêtré par les affaires, Bernard Laporte est toujours debout. Il le sera encore le 15 novembre prochain, au moment où World Rugby dévoilera le nom du pays organisant le Mondial 2023. Une désignation qui pourrait clore la crise institutionnelle… ou la relancer de façon violente.