Toulon doit-il douter ?

S'il n'est pas de petite victoire, celle obtenue (20-16) par le RCT face à une équipe de Toulouse remodelée n'a en rien rassuré le public de Mayol. Une semaine après des certitudes glanées dans la défaite, les Varois ont dû s'employer pour venir à bout d'une courageuse équipe toulousaine.

Une semaine après une défaite prometteuse du côté de Clermont (21-16), où les joueurs de Fabien Galthié ont fait douter le champion de France jusqu’à la dernière seconde, les Varois comptaient sur cette réception d’un Stade toulousain qui avait fait tourner (notamment les absences de Thomas Ramos et Charles Faumuina) pour se rassurer. « On a vraiment envie de faire un gros match à Mayol. Notre jeu est en train de se mettre en place, confiait Jean Monribot. On a fait une belle partie contre Pau lors de la première journée, mais on n’a pas réussi à décrocher le bonus offensif. Ensuite, on a confirmé contre Clermont mais on ne ramène pas la victoire. Cette fois-ci, on a envie de faire un match plein et corriger toutes nos erreurs. » Pour les certitudes, on repassera. Pris dans l’intensité en début de rencontre, les Toulonnais se faisaient bousculer par les Toulousains. Rapidement menés 10-0, les Toulonnais devaient attendre la 20e minute et l’essai inscrit par Antoine Dupont, pour entrer dans leur rencontre. Ensuite ? Les joueurs de Fabien Galthié feront, petit à petit leur retard et finiront, tant bien que mal, par s’imposer 20-16.

Anthony Belleau, l’homme providentiel

Et, dans leur mission reconquête, les Toulonnais ont, une fois n’est pas coutume, pu compter sur l’homme providentiel de ce début de saison : Anthony Belleau. Sur un nuage depuis la fin de saison dernière et son drop en demi-finale contre le Stade rochelais, le demi d’ouverture, meilleur réalisateur du championnat avant la journée, s’est une nouvelle fois illustré par une performance XXL. Juste, le joueur originaire de Monflanquin a été de tous les bons coups ce dimanche en fin d’après-midi. Au-delà de ses dix points inscrits au cours de la rencontre, le demi d’ouverture toulonnais a bonifié chaque ballon d’attaque, a parfaitement fait jouer sa paire de centre Nonu-Bastareaud, s’est montré propre dans son jeu au pied d’occupation, mais s’est également mué en pompier de service. 42e minute : les joueurs d’Ugo Mola mettent le RCT sur le reculoir et décident, face à une défense inhabituellement désorganisée, de jouer dans le dos. Et alors que cinq Toulousains arrivent lancés dans les dix mètres varois, Anthony Belleau, qui assurait la couverture, récupère la balle… et se débarrasse du ballon au pied pour donner de l’air à son équipe ? Que nenni, puisque le numéro 10 varois choisit de relancer à la main. Il se défait alors de quatre défenseurs pour remettre le RCT dans l’avancée. Et si, d’une passe au cordeau, il trouve Delboulbès, ce dernier ne peut assurer la continuité, la faute à l’indiscipline haut-garonnaise. Résultat ? Après cinquante mètres gagnés par Belleau à la course, le RCT obtient une pénalité, qui permet à nouveau à l’ouvreur de gagner une trentaine de mètres supplémentaires. S’en suivra une touche conservée, un terrain balayé, et un essai inscrit en bout de ligne par le revenant Josua Tuisova. D’une situation périlleuse, Anthony Belleau retrouvait de l’avancée et permettait à son équipe de prendre l’avantage au score pour la première fois (17-13).

Sauvés par la défense

Pourtant, de cette rencontre, les Toulonnais ne pourront se contenter de retenir que les 4 points. Chahutés en touche (3 lancers perdus), contrés dans les rucks, une nouvelle fois indisciplinés (deux cartons jaunes) les Toulonnais auraient même pu voir le succès leur glisser entre les doigts en toute fin de rencontre, si les Toulousains n’avaient pas fait preuve de maladresse. « C’est une équipe qui a des arguments offensifs », avait prévenu Galthié vendredi, avant d’expliquer que, s’attendant à affronter une équipe joueuse, il avait tout particulièrement axé sa semaine de travail sur la défense. Grand bien lui en a fait ! À l’aise dans la réorganisation, les Varois n’ont laissé aucune brèche aux Haut-Garonnais, notamment dans le dernier quart d’heure, où arc-boutés dans leur moitié de terrain, ils n’encaissèrent pas un seul point pour finalement s’imposer 20-16. Un succès acquis dans la douleur donc, qui, s’il ne rassure pas les Toulonnais, a au moins le mérite de les hisser à la 3eplace du Top14, à égalité de points (9) avec La Rochelle.

Par Pierrick Ilic-Ruffinatti