Clermont peut souffler

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Bousculés jusque dans les derniers instants par une équipe francilienne remaniée (23-21), l’ASMCA peut une nouvelle fois remercier son ailier Alivereti Raka, pourtant sorti par précaution dès la mi-temps.

LE MATCH

Avec une équipe remaniée, les champions de France 2016 n’étaient pas venus sans intentions chez leur successeur. Leur plan ? Perturber autant que possible les Auvergnats en conquête et dans les phases de ruck, avant de faire confiance à la magie des Pacific Islanders Nakarawa, Vakatawa ou Rokocoko sur les ballons de récupération. Une stratégie qui a fonctionné à merveille en première période, face à des Clermontois quelque peu déboussolés par la perte sur blessure de Damian Penaud avant le coup d’envoi, suivi de près par la sortie de Van der Merwe, victime d’un KO pour son grand retour. Le truc ? C’est que pareille débauche d’énergie ne pouvait déboucher que sur une perte d’intensité. Laquelle ne manqua pas d’arriver une fois les Clermontois revenus devant au score, qui s’appliquèrent en deuxième période à construire leur avance patiemment, pénalité après pénalité. Et même si le carton jaune infligé à Lee, assorti d’un coaching massif, offrit aux Franciliens un regain de forme, matérialisé par l’essai de pénalité offert par M. Raynal, celui-ci s’avéra insuffisant pour faire pencher la balance en leur faveur. Rien d’immérité, malgré le clair manque de maîtrise d’Auvergnats toujours pas maîtres de leur sujet.

LE TOURNANT

Il est des petits rien qui font parfois basculer une rencontre. N’en parlez pas à Teddy Thomas, qui sait ce que cela veut dire… Auteur du premier essai de la partie, l’ailier du Racing a connu une petite minute d’horreur entre la 37e et la 38e, qui a suffi à faire plonger son équipe. Bien servi sur une attaque d’école des ciel et blanc, Thomas choisissait d’abord mystérieusement de jouer au pied dans le dos de la défense, chose manifestement pas anticipée par ces partenaires. Une première erreur suivie immédiatement d’une deuxième puisque, en couverture du dégagement d’Abendanon, l’ex-biarrot tergiversait devant les rebonds du ballon avant de commettre un en-avant grossier, sans opposition. La conséquence ? Une munition clermontois parfaitement exploitée par ces derniers, par le biais d’une mêlée gagnante et d’un lancement de jeu orné de deux passages à vide. Lequel permettait à Raka de jouer (et gagner) son duel sur… Thomas, évidemment, peut-être encore à ressasser l’erreur commise quelques secondes plus tôt ! Résultat des courses, un service parfait de l’ailier fidjien pour Abendanon, qui permettait aux Clermontois de reprendre miraculeusement l’avantage au score juste avant la mi-temps (14-11). Pour ne plus le lâcher...

L’ACTION

C’est peut-être l’essai de la saison qu’ont inscrit les Racingmen ! Sur une touche aux abords des 22 mètres auvergnats, Szarzewski trouvait Le Roux en fond d’alignement, dont la déviation permettait de servir ses trois-quarts dans des circonstances optimales. Un premier balayage du terrain envoyait ainsi le ballon sur l’aile opposée, en direction de Rokocoko. Iribaren renversait alors une première fois le sens du jeu pour donner le ballon plein fer à Nakarawa, qui ne parvenait exceptionnellement pas à passer les bras. Mais le numéro 8 fidjien avait fixé trois défenseurs… Des espaces dont profitait Iribaren pour changer une deuxième fois le sens du jeu, pour un instant de magie. Sur un appui, Imhoff fixait deux défenseurs avant de transmettre à Vakatawa, dont la merveille de passe aveugle permettait de décaler Teddy Thomas, accouru de l’aile opposée. L’international tricolore résistait au retour de Raka pour pointer en coin une merveille d’essai collectif.

L’HOMME

Dès la 38e minute, le public auvergnat ne s’y est pas trompé, en scandant son nom. Qui ? Alivereti Raka évidemment, auteur du premier essai du match au nez et à la barbe de Rokocoko à la réception d’une passe au pied de Lopez, puis en état le principal artisan de celui d’Abendanon (lire « le tournant »). Couvé par ses partenaires (il suffit pour cela de voir leur réaction après un plaquage limite de Nakarawa à la demi-heure de jeu) et par son staff (ainsi qu’en témoigne sa sortie sur précaution dès la mi-temps,a fin de ménager sa légère torsion du genou), la pépite fidjienne constitue plus que jamais le facteur X de la ligne de trois-quarts auvergnate, en l’absence de Wesley Fofana et Noa Nakaitaci. Un bon génie auquel les Jaunards s’en remettent dès qu’ils le peuvent pour faire basculer les rencontres les plus serrées, comme cela avait déjà été le cas contre Toulon. Ils auraient bien tort de s’en priver...

Nicolas Zanardi
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