Stars déchues

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Publié le , mis à jour

Les entraîneurs étaient les maîtres du jeu et des clubs par le passé. Maintenant, les clubs professionnels sont incarnés par leurs présidents.

En arrière-plan de notre débat sur les entraîneurs, une réalité nous frappe. Si l’on se reporte à la situation du rugby français d’il y a trente ans, on est frappé du déplacement du curseur. Les grands clubs français sont désormais incarnés par leurs présidents. Dans un sport résolument professionnel, ce sont eux qui alimentent le débat public et qui prennent part aux diverses polémiques. Autrefois, les grandes équipes françaises reposaient davantage sur leurs entraîneurs qui étaient de vraies figures de proues. Il y avait quelques présidents connus mais les techniciens avaient beaucoup plus de reconnaissance.

Nous pensons au Lourdes de Jean Prat, au Béziers de Raoul Barrière, au Mont-de-Marsan d’André Boniface, au Toulon et au Nice d’André Herrero, au Toulon de son frère Daniel, au Grenoble de Jean Liénard, au Toulouse de Villepreux-Skrela et évidemment de Guy Novès. C’étaient eux qui faisaient l’actualité. Qui était le président du Grand Béziers des années 70 par exemple ? Georges Mas. Mais qui s’en souvient, hors les frontières biterroises ?

Les projecteurs sur les présidents de clubs

Il suffit de lire les journaux de l’époque pour s’apercevoir que les présidents faisaient rarement les gros titres, même si certains étaient déjà généreux. Mais le professionnalisme pur et dur est passé par là avec dans son sillage, la création de la Ligue, le recrutement quasi-permanent, l’apparition des droits télévisés. Les projecteurs se sont déportés vers ceux qui détiennent ou qui maîtrisent les cordons de la bourse. On a l’impression que le style et le caractère des équipes sont désormais définis par les présidents qui en sont les vrais porte-parole et pour qui les entraîneurs deviennent de simples cadres.

De surcroît, la mondialisation du sport a ouvert le marché en permettant la venue de techniciens étrangers forcément de passage et qui se sentent de moins en moins obligés de pratiquer notre langue (il y a tellement d’ anglophones dans équipes). Ils font peut-être moins d’ombre aux présidents mécènes, c’est vrai et peut-être que dans certains cas, ceux-ci préfèrent éviter de prendre des entraîneurs avec trop de caractère pour rester les maîtres à bord.

Jérôme Prévot
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