La chute est rude

  • La chute est rude
    La chute est rude
Publié le , mis à jour

Après plusieurs incidents lors de déplacements et des soucis en interne, La Vallée du Gapeau a perdu tous ses joueurs et ne pourra pas aligner d’équipe seniors cette saison.

Maintenu sportivement en Fédérale 3, la Vallée du Gapeau n’a pas repris le championnat dimanche dernier. L’équipe n’a pas repris non plus hier en championnat Honneur Paca, comme cela était pressenti dans un premier temps pour tenter d’enrayer l’exode de ses joueurs. « J’avais proposé cette solution pour permettre aux minots de Solliès-Pont de jouer, explique le président, Yves Rey. Ils ont signé dans les clubs aux alentours. » En conséquence, il n’y a plus d’équipes du tout, pour ce qui ressemble à un énorme gâchis. Seule son école de rugby subsiste au sein d’une structure nouvellement créée en marge du club qui s’est écroulé en quelques semaines. Après des années de soubresauts internes et de crises extra-sportives, plus ou moins bien camouflées, tout s’est écroulé comme un château de cartes à côté d’un ventilateur.

À la barre du navire depuis un an, Yves Rey tente depuis quelques mois d’expédier les affaires courantes la mort dans l’âme et le cœur gros comme sa passion pour le rugby née il y a plus de cinquante ans. « Soixante-dix joueurs se sont barrés, fustige le dirigeant. C’est irréel ! Il y a eu des histoires de jalousie entre les joueurs de la une et ceux de la réserve. Il y a également eu beaucoup de ragots dans le village et quelques brebis galeuses ont mis la pagaille dans le groupe. »

« Un rugby de voyous »

Surtout le comportement de l’équipe en déplacement a précipité le club dans l’abîme. Ces dernières saisons, une station-service et un bateau, au retour d’un déplacement en Corse, où un passager avait été blessé, avaient subi des dégradations, dépassant les simples mauvais tours de rugbymen potaches avec un petit coup dans le nez. Au printemps dernier, de nouveaux débordements ont eu lieu dans un avion. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Cette fois, ce ne fut pas possible de mettre un couvercle sur les événements. « Ils ont saccagé, il n’y a pas d’autres mots et ce sont toujours un peu les mêmes, regrette Yves Rey. C’est un rugby de voyous! Ils disaient que le club était assuré et qu’il payerait. Cela les faisait marrer que le club reçoive des lettres recommandées. Mais ça ne me fait pas rire. Air Corsica ne nous fera pas de cadeaux. Ils se tous barrés pour ne pas payer ! Depuis 1967 que je suis dans le rugby, je n’ai jamais pris un franc et ils voudraient me faire payer la dette ! »

En mauvaise posture, le club a régularisé sa situation auprès du comité en fin de semaine dernière, de nombreux arriérés de licences étaient encore dus. Après cela, le président, seul au club avec un trésorier et une secrétaire, va rendre son tablier. « C’est l’exemple type d’un club qui n’est pas parvenu à passer le cap d’un certain amateurisme, souffle un observateur averti de ce qui s’est passé au club. C’est triste. C’était un club de village, historique, qui avait permis à des mecs, comme Jean-Charles Orioli, de faire une jolie carrière. »

Souhaitons que cela ne dégoûte pas certains enfants de reprendre le chemin de l’école de rugby et qu’une équipe revoie le jour dans un an en Quatrième Série. « On remontrera une équipe, assure Yves Rey. Le rugby est trop ancré ici. »

 

Par Sébastien FIATTE / Photo : Claude SERRA

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?