Priorité aux jambes

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    Priorité aux jambes
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La sévérité accrue au niveau des plaquages hauts a obligé les techniciens à repenser l’approche de la collision. Explications avec Gérald Bastide.

« La priorité, c’est la sécurité des joueurs. À partir de ce moment, il faut accepter que quelques pénalités ou cartons jaunes injustifiés soient parfois sifflés. » Ce propos liminaire, signé de l’entraîneur de la défense du XV de France Gérald Bastide, se veut sans ambiguïté. De ce fait ? Pour éviter d’être sanctionnées, les défenses ont bien dû s’adapter, notamment dans l’approche de la première collision, alpha et omega du jeu moderne. « En ce qui concerne l’équipe de France, la priorité du premier plaqueur, c’est d’arrêter l’avancée le plus vite possible. Et pour cela, le plus efficace demeure de plaquer en bas. Cela permet en outre d’éviter le risque d’un carton jaune ou d’un essai de pénalité, puisque plaquer aux jambes permet de se remettre plus vite sur les appuis pour réaliser ce que j’appelle un plaquage actif, c’est-à-dire une double action... D’ailleurs, la plupart des pénalités que nous avons récolté avec l’équipe de France pour des plaqueurs ne se sortant pas assez vite de la zone l’ont été après des plaquages sur le haut du corps. »

Le ballon, responsabilité du deuxième plaqueur

Mais alors, à quel moment défendre au ballon pour éviter les fameux offloads ? Pour Gérald Bastide, ce rôle doit revenir au deuxième défenseur. Toujours dans l’optique, d’ailleurs, d’éviter le plaquage dangereux… « On a noté en effet que la plupart des pénalités sifflées pour des plaquages dangereux le sont contre des premiers plaqueurs, très rarement contre des seconds. En grande partie parce que le deuxième plaqueur bénéficie du travail du premier pour se retrouver face à une cible plus ou moins fixe. La marge d’erreur pour un plaquage imprudent est donc moins importante... » La difficulté pour le deuxième défenseur étant d’attendre le bon moment pour intervenir, afin d’éviter tout risque de passe après contact. « S’il se jette trop tôt, le défenseur peut être fixé par un offload. C’est pourquoi il ne doit se livrer qu’à partir du moment où l’attaquant s’engage entre la ligne d’épaule des deux défenseurs… Pour intervenir, le deuxième plaqueur a plusieurs options: « finir » le plaquage et renvoyer l’attaquant dans son camp s’il conserve le ballon contre sa poitrine, ou essayer de le faire « ripper » s’il le tient d’un seul bras. Il y a également la possibilité de le maintenir debout, pour créer un maul. » Autant d’automatismes travaillés aussi bien en opposition que par le biais de routines d’échauffement, lesquelles ont le mérite de faire répéter aux joueurs les bonnes attitudes défensives. Et diminuer le nombre de blessures ? À en croire l’université de Bath et son programme « Activate » en passe de faire référence en Angleterre, la chose serait même prouvée...

Nicolas Zanardi
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