Des arbitres sous pression médicale ?

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    Des arbitres sous pression médicale ?
Publié le , mis à jour

Les sanctions infligées pour plaquage dangereux sont de plus en plus sujettes aux critiques. Le DTN de l’arbitrage Joël Dumé apporte un éclairage.

L’image est violente. Même au ralenti, le plaquage du Lyonnais Taiasina Tuifua sur le Palois Vatubua, lors de la 3e journée de Top 14 apparaît d’une brutalité sans égale. Le joueur plaque pourtant parfaitement en dessous de la ligne des épaules, enserre son adversaire avec les deux bras et l’accompagne au sol. La règle est respectée mais Maxime Chalon, après arbitrage vidéo, décide d’infliger un carton jaune au « coupable ». Une décision qui a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Un exemple ? L’arrière du Racing Brice Dulin : « Incroyable cette décision et, le pire, c’est que l’on demande la vidéo pour se tromper. ». Force est donc de s’interroger sur les recommandations faites aux arbitres sur ce sujet. « On essaie d’être pragmatique, souligne Joël Dumé, le directeur technique de l’arbitrage français. D’abord, il faut le dire : la règle n’a pas changé. Les directives internationales sont claires : il faut être sévère, vigilant avec tout ce qui est plaquage haut. Mais, on ne peut pas dire d’un côté, les arbitres sont trop sévères et de l’autre déplorer les accidents et les commotions. » Et d’ajouter : « Parfois, on prône tout et son contraire. »

En début d’année, World Rugby a fait passer de nouvelles directives sur le sujet. Pas de grandes nouveautés, simplement l’introduction d’un nouveaux champs sémantiques pour catégoriser la violence d’un plaquage et ainsi donner la sanction la plus adaptée. Les arbitres doivent se poser plusieurs questions pour déterminer le niveau de la sanction : où est le point de contact initial et final avec l’utilisation de la main, du bras ou de l’épaule ? L’action est-elle accidentelle, imprudente ou délibérée ? Avec quelle force et quelle vitesse le geste est-il exécuté ?

Toutefois, Joël Dumé est catégorique. Le carton jaune infligé à Taiasina Tuifua : « C’est une erreur, le plaquage est dans la règle. Il n’aurait pas dû être sanctionné. Seulement, je suis convaincu que Maxime Chalon a été impressionné par la force du plaquage. Et puis, comment ne pas être influencé par le battage médiatique fait, à juste titre, autour de la santé des joueurs et de ces problèmes de commotions. » Ou comment dire autrement que les arbitres ont le cul entre deux chaises ? Et Joël Dumé de conclure : « Si on veut clarifier la situation, alors, changeons la règle. » 

Arnaud Beurdeley
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