Top 14 : tout jeu, tout flamme

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    Top 14 : tout jeu, tout flamme
Publié le , mis à jour

L'édito d'Emmanuel Massicard... C’est un sujet presque en voie de disparation qui mériterait un symposium, voire une réunion du conseil de sécurité de l’Onu pour déclarer l’union sacrée : quand on cause rugby, on ne parle plus de jeu ni de ballon.

Le café du commerce comme les réseaux sociaux se nourrissent des faits divers, petites et sombres histoires trop souvent éloignées des terrains. Depuis plus d’un an, tout semble bon pour, à longueur d’affaires, ne plus causer rugby. Les derniers épisodes en date (commotions à répétition, bagarres entre joueurs, démissions à la Commission d’appel, contrat Laporte/Altrad, conflit ouvert entre Altrad et ses homologues présidents, etc.) sont autant de gouttes d’eau tombant -hélas- à point nommé pour faire déborder les océans et notre seuil de tolérance. Alors, stop ! Et bas les masques ! Le rugby mérite autre chose que toutes ces affaires qui, les unes après les autres, finissent par ronger l’image d’une discipline travestie dans une caricature d’elle-même. Une discipline aveuglée par la lumière éclairant ses sommets et qui ne voit plus les écoles de rugby se vider à trop grande vitesse. Une discipline qui souffre d’une concurrence entre ses pouvoirs antagonistes, bercée par ses illusions et cette crise de croissance qui la pousse vers une certaine forme d’arrogance.

Il est urgent de recentrer les débats. Et de redéfinir les priorités. En direction du terrain, évidemment. Il n’en faut pas davantage pour apprécier à sa juste valeur le programme offert par un dernier week-end de Top 14 avant la pause européenne. Le scénario d’un calendrier tiré à quatre épingles nous offre ainsi des affiches de premier ordre, comme autant d’occasions de revenir au plaisir de ce qui ne sera jamais qu’un jeu : Bordeaux-Toulon, Toulouse-Clermont, La Rochelle-Racing ou encore Paris-Montpellier sont autant d’étoiles ou de promesses merveilleuses auxquelles il convient de s’accrocher pour profiter de ce Top 14 offensif comme jamais, prêt à tout chambouler dans sa perpétuelle lutte des classes.

Dimanche soir à Toulouse, le champion clermontois sera encore mis à rude épreuve et nous jaugerons vite sa faim, ou son pouvoir de réaction face aux difficultés enchaînées. Par voie de conséquence, nous mesurerons alors le véritable potentiel de la nouvelle classe toulousaine. La veille, le Stade rochelais aura défié l’imposant et massif Racing 92, pour un choc des revanchards et une opposition de style qui promet déjà d’enflammer Marcel-Deflandre. La veille, encore, plus au sud sur la façade Atlantique, le Bordeaux de Brunel toisera le Toulon de Galthié pour porter la promesse d’un rugby tout feu tout flamme, ambitieux et prêt à tout chambouler de l’ordre établi. Ce n’est rien d’autre que du rugby et c’est tout ce qui nous fait hurler de plaisir. Place au jeu…

Emmanuel Massicard
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