Françoise Gomez : super mamie

FRANÇOISE GOMEZ JOUE AU STADE FRANÇAIS ET EST DEVENUE GRAND MÈRE. ELLE JOUE EN ARMELLE-AUCLAIR. CHAMPAGNE !

On peut donc être grand mère, et jouer au rugby à haut niveau ! C’est Françoise Gomez qui le dit. La troisième ligne a débuté sa troisième saison au Stade français après avoir accueilli dans sa famille Achille, le fils de son fils Melvyn. Melvyn a 25 ans. Françoise l’a eu à 19 ans. Elle a 45 ans. Et elle disputait samedi à Jean-Bouin un match de championnat en Armelle-Auclair contre Rouen, en baisser de rideau du match de Top 14 entre le Stade français et Montpellier. « Super mamie » n’était plus capitaine. Elle a décidé de passer le brassard en début de saison. « C’était trop de responsabilités, dit-elle. Et puis mon père a 85 ans. Il est en pleine forme, mais j’aime pouvoir être disponible et le voir sans penser à autre chose. » On note aussi dans son emploi du temps qu’elle entraîne les moins de 13 ans du Racing Club de France… avec son compagnon. Et qu’elle s’entraîne dur physiquement avec… sa belle-fille. Une spécialiste de cross fit.

Débuts à 27 ans

Françoise Gomez est une grand-mère de 20 ans d’âge mental qui baigne dans un univers de famille cotonneuse et de camaraderie franche. Elle n’a jamais pensé une seule seconde raccrocher les crampons. Et à ceux qui lui demandent chaque année depuis dix ans pourquoi elle continue, elle répond : « Pour ne pas finir comme toi. » Faut pas trop titiller Françoise. Ce gros caractère n’entreprend pas les choses à moitié. C’est son compagnon qui l’avait traînée au rugby alors qu’elle était déjà âgée de 27 ans. C’est lui qui est à la traîne maintenant. Comme Françoise Gomez a participé aux belles années de Gennevilliers, elle a un titre national en poche en Armelle-Auclair. Elle a joué en première division. Et comme son plaquage faisait grand bruit, elle a aussi été sélectionnée en équipe de France à VII. Bien avant l’avènement olympique, elle a remporté le premier championnat d’Europe de la discipline. Accessoirement, elle a aussi passé tous ses diplômes d’entraîneur. « C’est un charisme, la décrit son entraîneur au Stade français Olivier Carreiras. Je n’ai jamais eu l’impression de l’entraîner. J’ai toujours le sentiment de collaborer avec elle. Et le meilleur chez elle, c’est sa capacité à s’ouvrir à de nouvelles choses. Elle avait un profil très net de défenseur. Elle est en train de devenir une attaquante. » À 50 ans, elle butera.

Par Guillaume Cyprien