Des raisons de trembler ?

L’inquiétude des mères de famille est-elle légitime ? Se soucier de la santé de son chérubin n’a rien d’anormal dès lors que les images du rugby professionnel diffusées se révèlent parfois effrayantes.

Mais les instances dirigeantes donnent depuis plusieurs années priorité à la santé des joueurs. Un exemple ? Jusqu’au moins de quatorze ans, le plaquage au-dessus de la ceinture est interdit. Objectif : éviter au maximum les chocs frontaux. Dans les directives fédérales, il est d’ailleurs recommandé aux éducateurs de favoriser les jeux d’évitements. « Il y a un fossé entre ce que l’on voit en Top 14 et ce qui se passe dans le monde amateur, juge Serge Vidal, président du Stade domontois (Fédérale 2). Il y a tout de même moins d’affrontements, plus de jeu. Je n’ai pas le sentiment que le rugby amateur soit plus violent qu’il y a trente ans. » Un constat partagé par de nombreux dirigeants du monde amateur. « En revanche, reprend Serge Vidal, je préconise depuis très longtemps chez les jeunes la mise en place de catégories de poids, plutôt que des catégories d’âge. Quand un gamin fait vingt ou trente kilos de plus que les autres, d’abord, c’est dangereux. Ensuite, s’il traverse le terrain tout seul, ça ne rend service à personne, ni au gamin en questions, ni aux autres. »

Les catégories de poids, l’idée n’est pas nouvelle. Elle existe depuis des lustres en Nouvelle-Zélande où la formation fait référence et où les blessures semblent moins nombreuses au prorata du nombre de licenciés. Il y a peu, Jean-Christophe Berlin, responsable du pôle médical de l’association du Stade français, après avoir constaté la saison passée d’une augmentation significative du nombre de commotions et autres traumatismes sur la catégorie minime, s’est fendu d’un courrier en direction de la FFR. Extrait : « Ces accidents pourraient être évités si l’on modifiait la règle de jeu concernant les percussions directes. En effet dans cette catégorie, les écarts de poids et de taille sont considérables et vont du simple au double, soit 50 kilos pour 100 kilos et 1,60 m pour 2 mètres, ce qui, rapporté aux adultes revient à opposer un joueur de 80 kilos à un joueur de 160 kilos. Compte tenu que ces jeunes sont fragilisés par leur croissance, forte à cet age, il nous semble important d’intervenir rapidement. La percussion directe est la situation la plus dangereuse à cet âge aussi nous proposons de l’interdire jusqu’à la catégorie cadet où les écarts de gabarits sont moins prononcés. » Le président du Stade domontois Serge Vidal juge au contraire que « plus on apprend à plaquer correctement jeune, moins il y a d’accident. Il faut que les gamins appréhendent le contact. Aujourd’hui, les règles concernant le plaquage à la ceinture sont par exemple parfaitement adaptées. » Suffisant pour rassurer les mamans ?