Et maintenant quelle charnière ?

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    Et maintenant quelle charnière ?
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Au moment de lancer Dupont dans le grand bain, le staff de l’équipe de France doit faire face à un imprévu de taille : celui de la blessure de Camille Lopez, samedi à Clermont. Laquelle ouvre en grand la porte à une titularisation d’un autre petit nouveau, à savoir le Toulonnais Anthony Belleau...

Au départ, tout était simple. Antoine Dupont commencerait la première rencontre à la mêlée face aux All Blacks, le 11 novembre à Paris. Avec qui ? À cette interrogation, il ne subsistait jusqu’à samedi qu’une seule réponse : Camille Lopez. Parce que le demi d’ouverture, champion de France en titre, s’était tout au long de la dernière saison installé dans un fauteuil de titulaire, sans qu’aucune performance délivrée au mois de juin par Jules Plisson, François Trinh-Duc ou Jean-Marc Doussain ne semble en mesure de l’en déloger. Et cela d’autant plus que le profil instinctif de Lopez semblait coller à merveille avec celui d’Antoine Dupont, à l’image de la charnière que ce dernier forme actuellement au Stade toulousain avec Zack Holmes…

Seulement voilà, la réception de Northampton par Clermont est passée par là, et avec elle les illusions de voir enfin un ouvreur s’installer sur la durée en équipe de France. Victime d’une fracture ouverte de la malléole opérée dans la soirée, Lopez sera au moins absent jusqu’à la fin du prochain Tournoi des 6 Nations. De quoi ouvrir une nouvelle fois le débat quant au titulaire du maillot floqué du 10 pour la tournée de novembre sachant que, dans l’esprit du staff, Lopez faisait figure de titulaire à tel point incontournable qu’aucun remplaçant ne lui était réellement prévu, hormis la possibilité de décaler Baptiste Serin en cours de match. Cela bien sûr pour se garder la possibilité de présenter un banc à six avants… « Nous comptions évidemment beaucoup sur Camille, reconnaissait Guy Novès ce dimanche. À tel point que nous avions accepté l’effort de le laisser au repos, en juin pour la Tournée en Afrique du sud. Ceci afin de le retrouver en pleine forme et à son meilleur niveau en novembre. C’est un poste qui demande une énorme maturité et nous ne l’avions pas jusqu’à présent. Avec Camille, nous l’avions trouvé. »

Trinh-Duc et Plisson ont perdu gros

Sauf que la maturité et l’expérience ne se trouvent pas sous le sabot d’un cheval. Et que celles-ci ne sont en outre pas des critères forcément suffisants… Ouvreurs du XV de France lors de la tournée en Afrique du Sud, Jules Plisson (15 sélections) et François Trinh-Duc (60 sélections) semblent avoir perdu très gros au mois de juin, entre erreurs stratégiques, fautes techniques et autres sorties du cadre défensif qui n’ont évidemment pas eu l’heur de plaire au staff. Leur statut intermittent au sein de leur propre club ne plaide par ailleurs pas en leur faveur, puisque Jules Plisson partage son temps de jeu avec Morné Steyn à Paris tandis que Trinh-Duc fait pour l’heure figure de remplaçant au RCT. L’ancien Montpelliérain s’est toutefois rendu décisif ces deux dernières semaines (en inscrivant de décisives pénalités décisives dans le money time qui ont offert la victoire à Toulon face à Llanelli puis à Trévise). Premier choix de Novès à sa prise de fonctions, il devrait sauver sa place au profit de la blessure de Lopez. Pour Plisson, en revanche, la chance semble passée. Au mieux, le Parisien pourrait figurer dans le « second groupe », celui qui affrontera les remplaçants néo-zélandais à Lyon, le mardi 14 novembre.

Belleau remplit les critères

Voilà pourquoi le cas d’Anthony Belleau doit être suivi avec une immense attention. S’il manque encore relativement d’expérience avec à peine une vingtaine de feuilles de match en élite, le Toulonnais dispose d’atouts sérieux : sa rigoureuse défense sur l’homme, ses prises d’initiative en attaque, et surtout la qualité de son jeu au pied, dans l’occupation (où il est en mesure d’utiliser les deux pieds, denrée rare en France) ainsi que dans les tirs au but. Tous les critères pour une candidature solide donc, d’autant que Romain Ntamack, bien que membre de la liste élite, présente avec le Stade toulousain un temps de jeu trop insuffisant pour incarner un candidat crédible à court terme. Problème : les premiers pas européens de Belleau se sont avérés timides et le Toulonnais, s’il venait à être jeté dans le grand bain néo-zélandais, formerait avec Dupont une charnière particulièrement inexpérimentée. Un déficit auquel il faudrait ajouter la responsabilité du tir au but, toujours pesante pour un jeune joueur. Pour Guy Novès, les solutions ne sont pas pléthores. Il tranchera en ce début de semaine…

Nicolas Zanardi
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