Clermont au bout de l'ennui

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    Clermont au bout de l'ennui
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Malgré la domination totale de leur mêlée fermée, les Auvergnats ne sont pas parvenus à empocher un précieux point de bonus offensif face à des Parisiens accrocheurs jusqu’au bout (33-10).

LE MATCH

Les amateurs de grosses cotes en ont malheureusement été pour leurs frais : samedi dans le froid du Michelin, les Jaunards ultra-dominateurs en mêlée fermée n’ont permis aucun exploit à un Stade français fragilisé par deux catastrophiques revers en Challenge européen. Le seul élément de suspense, exception faite de quelques occasions sporadiques des Parisiens, comme cette interception de Flanquart sur Parra conclue par un ballon jeté dans le vide ? Il a finalement résidé dans l’instant où les Auvergnats devaient décrocher le bonus offensif, après une première période poussive marquée par un seul essai de Raka, profitant d’un rebond favorable sur un coup de pied à suivre de Parra, mais surtout d’une stérilité étonnante à 15 contre 14, pendant l’exclusion de Steenkamp. Au final ? Eh bien, les Clermontois ne sont tout simplement pas parvenus à leurs fins, voyant leurs espoirs douchés par une bon coaching parisien, et une initiative de McLeod dans un minuscule côté fermé (63e). Le seul essai de Lee sur pénaltouche ne suffisant pas à octroyer une victoire primée à des Clermontois réduits à 14 dans les cinq dernières minutes par la grave blessure au genou de Cassang (75e).

LE TOURNANT

Si l’issue de la partie ne faisait pas vraiment de doute, il va de soi que l’essai de pénalité accordé par M. Poite – dans l’incompréhension totale des joueurs auvergnats, qui croyaient que ce dernier avait signalé un simple avantage – fit définitivement basculer la partie en faveur des locaux, qui ne comptaient jusqu’alors « que » treize points d’avance. Un déclic qui ne permit toutefois pas aux coéquipiers de Morgan Parra de terminer la rencontre un peu plus décontractés, perclus par une certaine tension et un manque d’automatismes nettement palpable au niveau de la charnière et au sein de la ligne de trois-quarts.

L’ACTION

Dans un match d’une rare pauvreté technique, il aura fallu se contenter d’une occasion manquée pour se lever de son siège… On veut parler ici d’un remarquable rush de David Strettle au milieu du terrain, échappant à Steevy Cerqueira pour réaliser un festival au milieu de cinq défenseurs (25e). Dommage que celui-ci fut mal conclu… D’abord parce qu’après sa prise d’intervalle initiale, l’ailier anglais eut la mauvaise idée de repiquer à l’intérieur plutôt que de ressortir « exté », où trois partenaires l’appelaient. Mais surtout parce que, dans la continuité, un ultime temps de jeu fut conclu par un en-avant de Wesley Fofana, trop court pour aplatir sur la bonne remise du même Strettle.

L’HOMME

On savait, depuis leurs affrontement lorsqu’il évoluait au Stade toulousain, que Gurthro Steenkamp n’appréciait guère de se retrouver en face de Rabah Slimani. Pour ses retrouvailles avec son ancien club, le pilier droit du XV de France a ainsi fait mieux que se montrer à la hauteur de l’événement, en infligeant à son vis-à-vis une véritable séance de torture qui déboucha sur son carton jaune à l’encontre de Steenkamp, puis sur la sortie de l’ancien Springbok dès la mi-temps... Une domination totale qui offrit par ailleurs à l’ASMCA, une bonne demi-douzaine de pénalités (dont un essai), treize points sonnants et trébuchants, et auraient même pu rapporter encore plus si Fritz Lee avait eu la bonne idée de canaliser son ballon à la 29e. Bref, un match plein pour Rabah Slimani, sorti à la 54e sous les ovations de ses nouveaux (et anciens) supporters.

Nicolas Zanardi
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