Stade bagnérais : optimisation maximale

Le Stade bagnérais évolue en Fédérale 1. Pour continuer de bien vivre au sein de l’élite amateur, il a rassemblé toutes ses forces vives. Efficace.

Une personne non avertie s’étonnerait sans doute de la position du Stade bagnérais au sommet de sa poule de Fédérale 1. Le club historique des années 80 se maintient dans la lumière de l’élite amateur. Cependant, en zoomant sur le phénomène apparait une évidence. Il n’y a rien de très exceptionnel dans cet instantané puisque cela fait quatre ans que les Haut-Pyrénéens se qualifient pour la phase finale. Il y a cinq ans, le franchissement de la Fédérala 2 à la Fédérale 1 a été difficile, mais guidé par ses présidents Roland Bertranne et Christian Abeilhé, le SB a fait sa mue. Patrick Bentayou, qui entraîne avec David Fourtané, a vécu ce passage délicat. « Nos voisins Lourdes et Lannemezan étaient en Fédérale 1, la concurrence était forte. Aujourd’hui, nous sommes seuls à ce niveau et nous parvenons à exister. » Cette mise au point nécessaire n’épargne pas le coach d’une question subsidiaire : « Y a-t-il des explications à ce très bon début de saison ? » Sur le sujet, Patrick Bentayou a des atouts dans sa manche : « Il s’explique par un investissement total des dirigeants, et des coachs en période de recrutement. Nous avons fait de gros efforts pour trouver des joueurs pluriactifs locaux, et surtout pas professionnels, qui ont une situation professionnelle ou universitaire dans le département.»

Un capitaine très impliqué

Personne n’en doute, l’économie bagnéraise ne permet pas au club d’envisager un saut dans l’inconnu du professionnalisme. « Avec un budget de 750 000 € c’est injouable », prétend le coach. Parc contre, rien n’empêche le Stade bagnérais de faire le rêve d’une chevauchée fantastique le printemps venu. Les fondations sont bâties pour supporter cette ambition. La catégorie espoirs est constituée de jeunes haut-pyrénéens et le club a voulu maintenir la catégorie Bélascain pour que ne se creuse pas un trou générationnel. Le remarquable travail des années précédentes auprès des Bélascain perdure. Le coach David Fourtané qui œuvrait chez les juniors entraîne aujourd’hui le pack du S.B. Il y a donc eu continuité. Un mot revient invariablement dans les propos officiels : optimisation. Patrick Bentayou en donne sa version : « Tout le monde au club travaille d’arrache pieds pour optimiser totalement les ressources humaines et financières, et les bénévoles impulsent une formidable dynamique. Le club a créé un lien social au-delà de la ville, il s’étend sur le département. L’engouement est fort et les supporters vivent des émotions. » Il suffirait maintenant que le Stado Tarbes retrouve la clé de la Pro D2 pour que le décor idéal soit reconstitué, que chacun soit remis à sa place… et les Bélascain à Bagnères. À près de 36 ans, Le capitaine exemplaire Sébastien Pettigiani vivra-t-il cette énième évolution, lui qui a traversé de nombreuses aventures ? L’ancien jeune à fort potentiel est capable de tous les exploits. Très apprécié dans le club où il aura séjourné le plus longtemps, le géant a sagement assuré son avenir professionnel. Ecoutez ce qu’en pense Patrick Bentayou : « Il s’implique beaucoup dans le projet de jeu, de vie et dans la gestion du groupe qui travaille dans la rigueur mais qui partage aussi les moments de plaisir. Sébastien est l’ancien, le garant du bon fonctionnement. Il est partie prenante de l’état d’esprit qui place le collectif avant tout. Sur le terrain, son déplacement, son engagement et ses qualités dans la conquête nous apportent beaucoup. » Et c’est ainsi que le Stade bagnérais avance.

Par Gérard PIFFETEAU