Faut-il jouer ou non face aux All-Blacks ?

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    Faut-il jouer ou non face aux All-Blacks ?
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Fidèles au jeu de mouvement, les Bleus devront-ils changer leur fusil d’épaule pour vaincre ?

Eddie Jones, le boss du XV de la Rose qui n’a pas manqué une seconde de la tournée des Lions britanniques et irlandais en Nouvelle-Zélande, est catégorique. Pour lui, les Blacks sont une équipe de contres. Jones n’a pas tort. La possession ? Les Néo-Zélandais n’en veulent pas, ou presque. Ils se contentent d’assurer leur conquête et de défendre comme une meute de loups enragés pour ne pas concéder le moindre centimètre de terrain. Particulièrement rigoureux dans leur réorganisation défensive (lire par ailleurs), les Blacks attendent patiemment l’erreur adverse, la faute de main, le ballon tombé pour lancer leurs contres assassins. Aussi, pratiquer un jeu de mouvement revient à multiplier les passes et, logiquement, les probabilités de fautes.

L'exemple des Lions

Pour appuyer son propos, Eddie Jones prend en exemple les deux premiers tests des Lions : lors du premier, la prestigieuse sélection avait fait le pari de multiplier les temps de jeu pour faire exploser les hommes de Kieran Read. Résultat ? Ils ont été contrés, 30 à 15. Lors du second test, ils sont revenus à un jeu très proche de celui des Saracens : une pression constante, un jeu direct et une défense ultra-agressive. Et ils ont vaincu. D’une courte tête certes (24-21), mais ils ont vaincu. Est-ce l’unique façon de les vaincre ? Non. Il y a deux semaines, les Wallabies ont dominé les Blacks sans jamais fermer le jeu. Sauf que les Wallabies ont réuni plusieurs éléments qui leur ont donné la victoire : un pragmatisme sans faille d’abord, personnalisé par Reece Hodge, buteur impeccable et auteur d’un essai sur interception dès les premières minutes du match. Une meilleure conquête ensuite, car celle des Néo-zélandais fut clairement en difficulté, et une meilleure efficacité sous les ballons hauts qui leur offrit des munitions supplémentaires. Et comme ce jour-là, la défense néo-zélandaise se montra étonnamment friable (26 plaquages manqués), les Wallabies ont pu mettre fin à leur malédiction. Dernier détail (et celui-ci est de taille), les Blacks ne pouvaient pas compter sur leur ouvreur de génie, Beauden Barrett, capables de coups de génie qui débloquent des situations mal embarquées pour les Kiwis (lire par ailleurs.) En clair, cela fait beaucoup de conditions à réunir… Voilà pourquoi les Bleus auraient tout intérêt à suivre l’exemple des Lions britanniques, et à cadenasser cette rencontre. Seulement, il ne faudra pas commettre la moindre erreur en défense…

 

Simon Valzer
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