Le plafond de verre

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    Le plafond de verre
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Vaincre les all blacks n’arrive pas souvent mais créer l’exploit permet, toujours, de basculer dans une autre dimension et d’entrer dans l’histoire.

Il y a un avant et un après. Pour un rugbyman, une victoire contre les All Blacks n’est à nulle autre pareille. « C’est un Graal, confirme l’ancien pilier du XV de France Christian Califano, qui affiche un honorable 40% de succès face à la Nouvelle-Zélande (4 sur 10), dont les deux premiers lors de ses deux premières sélections, en 1994. Après ma première cape, j’avais déjà accompli mon rêve. Et je vais vous dire : quand on discute de nos souvenirs entre internationaux, on parle rarement de l’Afrique du Sud, de l’Australie ou même de l’Angleterre. Ce dont on se souvient surtout, ce sont des matchs contre les Blacks. Des défaites bien sûr, parce que tout le monde a pris des branlées contre eux. Mais quand on parle des succès... Vaincre les invincibles, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, ne ressemble à rien d’autre. »

Califano : « Tu prends grave le melon »

C’est rare surtout. Ce n’est pas arrivé à la France depuis 2009. Depuis 2000 sur son sol. De manière générale, les Néo-Zélandais perdent seulement 15% de leurs matchs depuis vingt ans et la première Coupe du monde, en 1987. Les battre constitue toujours un exploit retentissant, qui éclabousse toute une carrière. Et permet de passer à la postérité : « La demi-finale de la Coupe du Monde 1999, à Twickenham, est probablement le match ayant le plus marqué ma carrière. On a tous basculé dans une autre dimension, après ça », témoigne l’ancien centre des Bleus Richard Dourthe, qui a la particularité de posséder un ratio positif de victoires face aux Tout-Noirs (3 en 5 matchs). Vaincre les All Blacks permet de crever le plafond de verre, collectivement donc mais aussi personnellement : « Ça donne un capital confiance incroyable, assure l’ancien deuxième ligne David Auradou, qui était du fameux succès à Marseille le 18 novembre 2000 (42-33). Ça te rebooste et tu te sens plus fort. Ce sont des victoires à part de toutes les autres. » « Tu prends grave le melon après ça, renchérit Christian Califano dans un sourire. Je dis ça dans le bon sens du terme... Tu bats ce qui se fait de mieux alors c’est normal. En un seul match, tu as l’impression d’avoir réussi ta carrière. » Quand il s’agit de la Nouvelle-Zélande, un succès fait oublier dix défaites. Ça tombe bien : victorieuse 12 fois en 57 confrontations, la France a remporté seulement 21% de ses matchs face à elle.

Emilie Dudon
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