Si près, si loin...

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Surclassés en première période, les Bleus ont ensuite réagi. L'ensemble reste (toujours) insuffisant (18-38).

Il y aurait pourtant tant de choses pour aimer cette équipe de France. Et tant d'envie, de la part du public français, de s'enflammer pour cette clique de gamins où la charnière avait 123 sélections de moins que sa rivale, où la triple claque cet été en Afrique du Sud avait ouvert la porte du renouveau et la venue des All Blacks, ce samedi au Stade de France (21 heures), laissait à croire à ces improbables exploits dont la France a, seule, la recette. Mais les Bleus, enthousiasmants en deuxième période, se sont d'abord copieusement sabordés durant quarante première minutes franchement catastrophiques.

Une mi-temps en enfer

Le premier acte a semblé être un infini tunnel de flagellations. Le score à la pause ne disait que cela (31-5). L'impression aussi. Battus dans les rucks, en mêlée fermée, en touche, dans les duels, à l'impact et dans tous les autres secteurs que comporte ce sport, les Bleus, au moment de rentrer aux vestiaires, avaient déjà concédé quatre essais et ne s'étaient fait que 27 passes. Rien à se mettre sous la dent, en somme, et pour le public, une boucherie, une démonstration, appelez la comme vous voulez. Le talonneur Dane Coles avait profité d'un superbe service à hauteur de Barrett pour filer une première fois dans l'en-but (9e). L'ailier Waisake Naholo l'avait imité en marchant, toujours servi par Barrett qui allongeait alors une merveille de passe sautée pour le trouver, démarqué, après une longue séance de travail des avants (22e). La suite était du même tonneau. Ryan Crotty aplatissait un amour de jeu au pied de Sonny Bill Williams, dans le dos de la défense française (36e) et Cane, au bout d'une merveille de contre-attaque, avait parachevée la correction (39e). Les Bleus ? Sur leur seule possession, ils avaient bien marqué en bout de ligne par Teddy Thomas (27e). Mais la note était franchement salée. Et les beaux discours des anciens, pendant la semaine, sur les vertus du combat, semblaient un doux rêve.

Dupont sonne la révolte

Les plus optimistes se bouffaient alors le foie et, hormis une sainte rouste, personne n'osait évoquer un autre scénario pour ce match. Mais ce XV de France garde pour lui d'être encore « français », au sens qualificatif du terme. C'est-à-dire capable du pire comme du meilleur. Puisque le pire était clairement passé, le meilleur était à venir. Dans le sillage d'un Antoine Dupont révolté, les Bleus mettaient enfin la main sur le ballon, gagnaient leurs impacts et réveillaient le Stade de France. Avec un essai (de pénalité) et deux pénalités à la clé (Belleau), les Bleus renversaient la vapeur et remportaient la deuxième période (13-7, essai de Naholo en fin de match pour la Nouvelle-Zélande). Ça ne suffit évidemment pas (score final 38-18) mais cela évite aux hommes de Novès un sérieux mal de tête, dès l'ouverture de ces test-matchs de novembre.

Léo Faure
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