À Lyon pour quoi faire ?

En difficulté, les Bleus se rajoutent des embûches avec un match en semaine. Avaient-ils vraiment besoin de ça ?

En y mettant tout le soin du monde, le XV de France est à la peine quand il s’agit de rencontrer les meilleures nations. Peut-il mieux faire en se pointant sans filet, sans préparation et sans cadre sur la pelouse de Lyon ? Le sport comprend parfois quelques incohérences, ce qui laisse aux Bleus l’espoir de prendre leur revanche sur la Nouvelle-Zélande. La logique pragmatique est tout autre : sur la pelouse du Groupama stadium, ce mardi, l’équipe de France semble promise à la boucherie. Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, le fond du réservoir français. Les All Blacks pourraient aligner cinq équipes, toutes candidates à un sacre mondial. La France, elle, entre les blessures en cascade et le poids des étrangers en Top 14, peine franchement à faire sortir 23 joueurs enthousiasmants à l’international. Il y a ensuite la logistique. Guy Novès arrivera ce lundi seulement à Lyon. Ses adjoints, Yannick Bru et Jeff Dubois, ne prendront le train que demain, mardi, jour du match. Un cadre de préparation qui n’encourage pas franchement la montée en puissance. En attendant, ce sont Gérald Bastide (habituel entraîneur de la défense) et Jean-Marc Bédérède (entraîneur des skills) qui ont pris en charge le groupe de joueurs « lyonnais ». Une adaptation forcée par le positionnement de ce match, en semaine, à mi-chemin entre les réceptions au Stade de France de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud.

L’orgueil des Boks

L’autre perspective peu réjouissante de cette semaine sportive est venue d’Irlande, samedi en fin d’après-midi. Trois fois dominateurs des Bleus en juin et récemment battus d’un petit point seulement par les All Blacks (24-25) il y a deux mois, les Springboks ont été pulvérisés sur la pelouse de l’Aviva stadium de Dublin (38-3). Une déroute qui appellera nécessairement une réaction. Ce qui épicera encore un peu le challenge des Bleus, samedi prochain au Stade de France. Pour l’occasion, le groupe devrait ressembler à s’y méprendre à celui qui s’est incliné, ce samedi face aux AllBlacks. Décevants, Picamoles, Huget ou Doumayrou pourraient toutefois faire les frais d’une rotation interne. Cela suffira-t-il ? Avec un groupe décimé par les blessures et des défaites qui s’enchaînent, rongeant forcément la confiance, l’augure n’est pas franchement réconfortant.