Avec les honneurs

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Les gamins français ont offert un meilleur visage que leurs aînés (23-28). Mais la défaite, encore une fois, est au rendez-vous.

L'image fut assez terrible à voir. Contrairement à samedi dernier, au Stade de France où les Bleus avaient été franchement surclassés en première période, leurs cadets avaient cette fois soigné l'entame. Sur l'envie, au moins. Et comme par miracle, cela débouchait sur plusieurs actions positives. Camille Chat avait d'abord atomisé son vis-à-vis, sur l'aile gauche, pour s'échapper sur une trentaine de mètres et échouer à cinq mètres de la ligne d'en-but. En suivant, sur les quarante mètres all blacks, Jonathan Danty cassait la ligne d'un demi tour–contact et imitait son talonneur. Au final, trois temps forts pour les Bleus dans les dix premières minutes. Enthousiasmant. Mais le haut-niveau ne peut pas se satisfaire de l'envie. Les Blacks l'ont alors démontré de manière cinglante avec une contre-attaque sur plus de cinquante mètres, plusieurs temps de jeu dans les 22m français et finalement l'essai de Squire, en bout de ligne. En une accélération, les Néo-Zélandais remettaient les pendules à l'heure. Les Bleus, pourtant, ne lâchaient pas. L'adversité n'était pas la même, certes, mais leur niveau d'engagement non-plus. Avec un rugby finalement assez simple mais dans lequel ils s'investissaient à 100 %, ils envoyaient une première fois Lacroix derrière la ligne au terme d'un superbe mouvement. Puis une seconde fois, sur interception. Avec en plus une pénalité de Trinh-Duc, les Français basculaient devant à la pause (15-14, essai de Duffie pour la Nouvelle-Zélande). Enfin un peu de baume au cœur, pour des supporters français noyés de déceptions depuis huit mois.

Battus malgré tout

L'espoir était alors naissant. Pas encore clamé, mais l'envie pointait de voir ces Bleus accomplir cet exploit qui leur manque tant. L'entame de seconde période ramenait pourtant vite sur terre les 58607 personnes présentent au Groupama Stadium. Au retour des vestiaires, les Néo-Zélandais montaient l'intensité physique de deux crans et, sans forcément émerveiller par leur jeu de ligne, ils faisaient flancher la défense bleue par deux fois (Tuipulotu puis Laumape). A 28-15, la tâche devenait franchement délicate pour les jeunes Français. Se dirigeait-on vers une nouvelle débâcle ? Rien du tout. Cette bleusaille avait de l'appétit et l'a une nouvelle fois démontré. Dans une fin de match à couper le souffle, impulsée par un Sekou Macalou superbe, le XV de Français recollait à seulement cinq points de leurs adversaires (pénalité de Plisson et essai de Chavancy). Insuffisant pour renverser définitivement la vapeur. Mais la prestation d'ensemble, bien que parfois déstructurée, laisse un sentiment moins fort d'impuissance. De cette nouvelle défaite, il restera de l'espoir et quelques satisfactions individuelles, quand le premier intérêt de ce match était de « sonder la profondeur du réservoir français » (Novès). Auteur de deux essais, le Rochelais Gabriel Lacroix aura nécessairement marqué les esprits. Tout comme le Parisien Sekou Macalou et le Francilien Camille Chat. Des joueurs qui devront rebattre les cartes à l'étage supérieur.

Léo Faure
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