Claude Atcher, l'homme des réseaux

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    Claude Atcher, l'homme des réseaux
Publié le , mis à jour

Son nom fait jaser et ses détracteurs l’épinglent volontiers à leur tableau de chasse, à l’image de ce président de club pro qui l’a brocardé récemment pour mieux déstabiliser Laporte. Avant de faire machine arrière. Et de s’excuser. Les mots ont paru glisser sur la carapace de Claude Atcher mais ils touchèrent la cible en plein cœur.

Assez profondément pour qu’il se demande s’il n’allait pas tout envoyer valser et repartir vers Singapour où il mène une partie de ses affaires. Finalement, le goût du combat (un point commun avec Laporte) l’a conduit à rester. « Je voulais apporter une deuxième Coupe du monde à la France et aider Bernard à gagner. Il le mérite tant son investissement est impressionnant. Avec ce succès, peut-être que les gens vont arrêter de balancer des saloperies sur moi. J’ai le dos large mais quand même. » Ainsi s’exposeAtcher, conseiller de l’ombre et faiseur de roi. Un homme de dossiers et de réseaux, en France et à l’international. Un homme pour qui la géopolitique rugbystique n’a pas de secret. « Il connaît tous les dirigeants et le fonctionnement de chaque instances. Sait par où entrer et comment gagner. C’est un fin stratège et un redoutable lobbyiste » détaille un ancien cadre fédéral. En 1991, Atcher a œuvré pour installer Bernard Lapasset à la FFR avant de l’accompagner jusqu’à l’IRB après avoir gagné le Mondial 2007. Il suivra longtemps Lapasset, fidèle et parfait bouclier. Puis, il aidera le Japon à remporter l’organisation de la Coupe du monde 2019. Et rejoindra Laporte, au départ pour battre Camou qui l’avait évincé du cercle fédéral. Sa revanche est survenue en décembre dernier, quand Laporte a gagné. « J’ai appliqué la même recette que pour la campagne de Lapasset, en organisant le maillage du territoire. Nous avons fait du porte à porte pour aller chercher chacune des voix. »

Pas de place au hasard

Tel un maquignon, Atcher l’Averyonnais n’a rien laissé passer. Il a tenu le décompte des votes, fait et refait sans cesse le tour de France pour ne pas perdre de terrain dans les urnes. Moins d’un an plus tard, il a remis ça à l’international afin de remporter le Mondial 2023. Il est redevenu un prestataire de la FFR qui s’est attaché les services de sa société, Score XV, pour construire le projet et gagner. Le prix du sacre : 120 000 euros pour dix mois de travail. Atcher a parlé ici aux fédés, ailleurs aux confédérations. Toujours à ceux qui détiennent le pouvoir de vote. Stratégie gagnante : il a rendu sa puissance politique à la France repositionnée au cœur de l’échiquier international. Il a surtout dégagé le chemin du combattant Laporte comme il l’avait fait avec Lapasset… Deux Bernard qui peuvent lui dire merci.

 

Emmanuel Massicard
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