Guirado : « on avance d’un pas, puis on recule de deux »

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    Guirado : « on avance d’un pas, puis on recule de deux »
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Capitaine du XV de France meurtri mais certainement pas abattu par la gifle reçue samedi dernier, Guilhem Guirado appelle à une réaction d’orgueil pour enfin remporter un test majeur.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de retrouver l’Afrique du Sud ?

Je garde confiance en cette équipe mais on va devoir se révolter. Notre prestation lors de la première mi-temps face aux Blacks est franchement décevante. Ils nous ont pris à la gorge. Et nous avons vu que sur le rythme, le pragmatisme, le gain du ballon, le jeu au pied et surtout le réalisme, nous n’étions pas invités. Dans tous les domaines, nous avons été battus. Paradoxalement, nous avons quand même marqué un essai sur notre première vraie possession dans leur camp. Un essai sur quatre temps de jeu, plutôt propre et sans difficulté majeure. Mais, c’est insuffisant. En deuxième mi-temps, si nous enlevons l’essai que nous offre Sonny Bill Williams, nous n’avons pas réussi à reproduire ce genre d’action. Et même si j’ai le sentiment que nous avons vraiment bien réagi, ça ne suffit pas pour gagner.

Ne craignez-vous pas le combat que les Springboks vont chercher à imposer ?

Sur le manque d’agressivité, je ne vais pas avoir grand-chose à dire à mes partenaires. On a des choses à se faire pardonner au regard de notre première mi-temps contre les Blacks. Maintenant, ce serait bien qu’on arrête de regarder un peu nos adversaires. Concentrons-nous sur notre jeu, sur ce que nous voulons imposer et peut-être que ça se passera mieux. Pour moi, le match se jouera probablement sur les vingt premières minutes, notamment dans le combat.

Quels seront les leviers du capitaine Guirado pour cette rencontre ?

J’attends qu’on se révolte. Je vais sûrement rappeler qu’on a quand même été bien reçu en Afrique du Sud. Avoir un peu de mémoire ne fait pas de mal. Et puis, j’aimerais insister sur le fait que lorsqu’on joue collectivement, on a tout d’une grosse équipe. Malheureusement, on ne le fait que dix minutes par match. La constance nous fait cruellement défaut.

L’an passé, à la même époque, l’équipe de France semblait en nette progression. Quel est votre sentiment aujourd’hui ?

On avance d’un pas, puis recule de deux. Ce manque de constance est terriblement frustrant. On n’a encore jamais réalisé un match plein, c’est pourtant ce vers quoi on veut tendre. Si on s’en foutait et qu’on ne bossait pas, on n’aurait que ce qu’on mérite, or ce n’est pas le cas.

L’image du rugby français est clairement dépendante des résultats du XV de France. Craignez-vous un effritement de l’intérêt pour votre sport ?

Évidemment ! Ça me fait mal de savoir qu’il y a une baisse des licenciés par exemple. J’ai grandi dans le paysage du rugby français, avec les rêves d’un enfant qui aime ce sport. Un enfant qui regardait les exploits de l’équipe de France à la télévision. Le rugby m’a tellement appris que j’aimerais que d’autres puissent se construire aussi grâce aux valeurs de ce sport. Malheureusement, pour ça, il faut que l’équipe de France fasse rêver. Et, pour l’instant, nous en sommes loin pour l’instant.

Ça vous inquiète ?

Non car un immense travail est réalisé par nos politiques, par nos dirigeants. Et je suis convaincu que cela finira par payer. Ce n’est pas possible autrement.

Arnaud Beurdeley
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