Franchement nul

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Promis, juré, c'était le match de la rédemption pour les Bleus après une longue période de disette. Sauf que le match de samedi, face aux Springboks au Stade de France, a offert tout l'inverse. Triste.

Le rugby accepte la faute et, pour tout dire franchement, il la réclame. Mais il ne peut pas supporter un essai encaissé dans une situation où la défense est en surnombre sur l'attaque. C'est pourtant ce qui est arrivé aux Bleus, ce samedi en entame de match face aux Springboks, au Stade de France (21 heures). Transpercés par Kolisi sur le deuxième plaquage raté (déjà) de Geoffrey Doumayrou, les Bleus finissaient par encaisser les premiers points, alors qu'ils se présentaient à trois défenseurs contre deux attaquants, sur le côté droit. Tout bonnement inadmissible. Et l'action, dès la 8e minute, donnait le ton de la rencontre. Les Bleus tentaient bien d'emballer le match en jouant les ballons sur le large, offensivement. D'accord. Mais des erreurs de cadets les plombaient franchement. Pour se rassurer : à peu près dans le même marasme que les Bleus depuis la dernière Coupe du monde, les Sud-africains concédaient eux aussi des occasions dignes d'un bêtisier. A la réception d'une chandelle au hasard de Belleau, personne ne s'annonçait. Finalement revenu dans les mains françaises, le ballon atterrissait de nouveau à Belleau qui, faute de défense, finissait à l'essai. Les Bleus recollaient au score (7-8). Sans briller. Et le reste du premier acte était du même acabit. Des passes ratées de part et d'autres, des pénalités saccagées 30m en face des poteaux et des lancements de jeu à peine maîtrisés. Dans une confrontation de deuxième division mondiale, les Springboks faisaient à peine mieux (7-8 à la pause). Vivement la suite.

Les Bleus sans réaction

La suite ? Cela ressemblait trop aux premières quarante minutes. Une succession de fautes peu acceptables, un duel de buteurs peu en réussite et, globalement, un bien triste spectacle. Un peu avant l'heure de jeu, Guy Novès tentait de réveiller ses troupes en sortant Antoine Dupont, bien peu inspiré samedi, pour faire entrer Baptiste Serin. Comble de la soirée cauchemardesque, le Bordelais se faisait immédiatement expulser dix minutes pour un anti-jeu consécutif à un énième grand n'importe quoi de ses coéquipiers. Qui accuser ? En vrac, Yoann Huget pour une énième passe hasardeuse, Anthony Belleau pour un jeu au pied raté ou l'ensemble du premier rideau défensif français, une nouvelle fois transpercé trop facilement. Si l'ouvreur springbok Handre Pollard n'était clairement pas dans un grand soir (3 sur 7), il a bien fini par régler la mire. Et les Bleus finissaient par perdre ce duel de médiocrité (18-17), après un essai de Kriel sur un ultime cafouillage (65e) que celui de Serin (77e) n'a pas suffi à compenser. Au final, les Springboks se rassurent à peine au terme d'une rencontre pauvre. Les Bleus sombrent, eux, tranquillement. De quoi avoir franchement honte.

Léo Faure
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