Quel jeu pour le Top 14 ?

  • Quel jeu pour le Top 14 ?
    Quel jeu pour le Top 14 ?
Publié le , mis à jour

Démiurge désigné responsable de tous les maux, démon incarné du rugby français, monstre créé de toutes pièces par le pognon tout-puissant, que deviendra le Top 14 à l’horizon 2023 ? La question est, évidemment, tout sauf innocente.

En effet, depuis l’effet de mode né de la Coupe du monde 2007, les investisseurs en mal de publicité (Boudjellal, Lorenzetti, Altrad, Ginon, Savare, pour n’en citer que quelques-uns) n’ont pas manqué pour venir chercher un brin de notoriété par le biais d’un titre à tout prix, ou du moins de certains transferts tapageurs. La suite ? On la subit depuis dix ans, avec un championnat constipé à l’extrême dès que les matchs prennent de l’importance, des impasses pour tronquer les quelques chocs qui ne l’auraient pas été au préalable par les doublons, faute d’une formule susceptible d’économiser les dates et les hommes, au nom de recettes à récupérer pour garantir les salaires des susnommés… « Le rugby international est bien plus rapide que le Top 14, nous confirmait dans un sourire le numéro 8 sud-africain Duane Vermeulen, qui effectuait samedi son retour en sélection nationale. Le jeu en Top 14 est plus rude mais beaucoup, beaucoup plus lent… » Bref, un serpent de mer doublé d’un cercle vicieux, duquel le rugby français n’a jamais réussi à se tirer. Et qui l’a définitivement rongé jusqu’à la moelle, depuis l’échec de la bande à Laporte voilà dix ans.

Des Jiff à l’arbitrage, une politique à réinventer

Le truc ? C’est que, maintenant qu’il se trouve officiellement identifié comme un handicap dans la course à la performance du XV de France, ce championnat reste à réinventer. Du moins, si le rugby français souhaite vraiment retrouver des Bleus performants… Comment ? En cessant la surenchère dans l’afflux de joueurs étrangers finalement moyens, et en promouvant plus que jamais la formation maison… Les incitations existent d’ores et déjà, avec un dispositif des Jiff appelé à devenir toujours plus contraignant et coercitif. Mais c’est encore plus loin qu’il s’agit désormais d’aller. Avec, à l’image du Premiership et de la Ligue celte, une compétition qui permette de retrouver un souffle, un élan, et une liberté de jouer avec les talents locaux. Et pour cela, les pistes sont nombreuses… Supprimer les jokers médicaux ? Alléger encore les risques de relégation ? Revenir au mode de bonus tel qu’il est pratiqué en Coupe d’Europe ? Voilà autant d’idées que le législateur pourrait retenir. Lesquelles ne seront toutefois rien sans une révolution complète des mentalités, qui reviendrait à accepter définitivement que ce sport est devenu un spectacle, dont les arbitres doivent favoriser les meilleurs prestataires. Un pari qui concerne tous le monde, à tous les échelons du championnat. Et doit être relevé dès maintenant, si l’on souhaite en toucher les fruits dans six ans.

Nicolas Zanardi
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