Le modèle anglais

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Publié le , mis à jour

Un cercle vertueux qui favorise les jeunes nationaux.

Depuis 2008, l’Angleterre a développé un ambitieux système censé trouver leur meilleur compromis entre les intérêts de l’équipe nationale et des clubs. Les bases sont connues, la fédération donne beaucoup d’argent pour « prendre la main » sur un groupe d’internationaux défini à l’avance. Le boss du XV de la Rose a le pouvoir de les mettre au repos quand il le désire et de les prendre en stage. C’est ce système que la France cherche à copier car les deux pays ont un rugby d’élite qui se ressemble. Il repose sur des clubs historiques forts, financés par des capitaux privés et des mécènes indépendants du pouvoir fédéral. Mais la différence entre les deux pays est énorme. Pourquoi ? Déjà parce que la fédération anglaise a plus d’argent que la FFR grâce à Twickenham dont elle est propriétaire depuis longtemps. Et le Stade plus que centenaire génère environ 70 millions d’euros annuels de chiffre d’affaires. Le dernier contrat signé en 2016 prévoit une manne d’au moins 200 millions de livres, soit 224 millions sur huit ans, soit 28 millions d’euros par an. Si l’on relit la convention FFR-LNR, la comparaison fait peur. La FFR versera à la LNR 2 200 000 euros pour la saison actuelle (mais l’an passé, c’était zéro).

Une manne énorme

Au-delà de la question de la masse d’argent, les Anglais ont réussi à s’entendre sur un système qui conditionne le montant touché par chaque club au prorata de joueurs sélectionnables alignés sur la pelouse (mais aussi en fonction de la qualité de chaque centre de formation suivant divers critères). Ainsi, les clubs d’élite ont clairement intérêt à soutenir leurs jeunes talents, c’est la grande victoire de la RFU. La France essaie de faire la même chose mais les fameux Jiff, mais les sommes sont sans commune mesure. À noter aussi que la RFU se refuse à sélectionner en équipe nationale les joueurs anglais exilés (souvent en France), ce qui est un aiguillon pour que les vedettes demeurent au pays. Les Anglais espèrent créer une sorte de cercle vertueux, sans compter qu’ils profitent aussi du fait que les stars du Sud choisissent de plus en plus d’aller dans les clubs français au lieu de se proposer chez eux. On estime que si l’on ajoute les droits télés, les clubs anglais de première division peuvent toucher entre 6 et 10 millions de livres par saison avec ce système, soit l’équivalent d’un budget de Pro D2.

 

Jérôme Prévot
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