La révolution sinon rien

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    La révolution sinon rien
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Le XV de France a concédé un match nul contre le japon, samedi soir, en clôture des tests de novembre. Il ne gagne plus depuis six rencontres et semble distancé.

Les faits sont têtus et d’une rare cruauté pour ceux qui ont un genou à terre. Ils en disent surtout très long à propos de la longue descente aux enfers du XV de France. En dehors d’une troisième place remportée dans le Tournoi 2017, l’année en cours ressemble à ce qu’il y a de pire en termes de résultats : six matchs consécutifs sans victoire, sans compter l’échec lyonnais concédé par les suppléants français face à la réserve des All Blacks. Un match qui compte pour du beurre et qui fut, en toute logique, le plus « abouti » pour une équipe de France en totale perte de confiance. Logique, elle n’avait pour une fois rien à perdre dans de ce match disputé un mardi soir de semaine, entre deux tests face à la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud.
Ce pouvait être la seule embellie, mais il ne compte pas. Pire, les Bleus ne l’ont même pas emporté. Tout juste ont-ils rivalisé et marqué trois essais (contre quatre encaissés), soit bien mieux que leur moyenne automnale : 5 essais marqués contre 10 encaissés. Cet été, lors de la tournée en Afrique du Sud, ce fut encore pire : 4 essais inscrits contre 11 encaissés. Il ne faut rien de plus pour comprendre la déliquescence de la sélection nationale et l’urgence dans laquelle se trouve désormais le rugby français à moins de deux ans de la Coupe du monde, alors que le Japon vient de nous tenir tête (23-23).

Le pire du pire

Ce match nul concédé à Nanterre, samedi soir, est une claque dont le rugby français se serait franchement bien passé. Digne des plus belles humiliations tricolores de l’Histoire, concurrent direct du France-Roumanie de 1990 (à Auch, 6-12), du France-Italie de 1997 (à Grenoble, 32-40) ou du France-Tonga de la Coupe du monde 2011 (à Wellingon, 14-19). Mais, contrairement à ces échecs trop vite oubliés par ceux qui n’ont pas su -ou voulu- en tirer les leçons, le naufrage tricolore de ce mois de novembre 2017 a des chances de ne faire rire personne pendant de longues années… Parce qu’il n’est plus possible d’ignorer la réalité : Guy Novès, le manager le plus titré en club est le sélectionneur au bilan le plus décevant : il compte sept victoires (Italie x2, Irlande, Argentine, Samoa, Écosse, Galles) pour un match nul (Japon) et treize défaites (Nouvelle-Zélande x2, Afrique du Sud x4, Australie, Angleterre x2, Irlande, Ecosse, Galles, Argentine)… Sans oublier la fameuse rencontre qui ne compte pas, contre les Blacks. Soit une défaite de moins. Novès rejoint Lièvremont et surtout Saint-André dans l’ordre des sélectionneurs désenchantés. Pour autant, les leçons d’un passé récent nous prouvent que le changement de staff ne serait en rien le gage d’une réussite à venir et l’assurance de revoir un XV de France capable de rivaliser avec les meilleures nations mondiales.

Accusés levez-vous !

Face au marasme actuel, le rugby français ne peut plus se masquer la réalité. Sa sélection ne fait plus référence et ses hommes ne comptent plus parmi les meilleurs. Encore pire, face aux blessures qui ont décimé les Bleus depuis six mois, les réservistes et autres espoirs tricolores ne se sont que trop rarement montrés à la hauteur des enjeux. Le réservoir fédéral riche de 272 800 licenciés n’offre pas à la France les talents qu’elle est en droit d’espérer.
En cause, au premier rang des accusés : un Top 14 où règnent en maîtres les internationaux étrangers, une culture du jeu trop tournée vers l’affrontement, des règlements trop laxistes et une formation dépassée… Le XV de France est aux abonnés absents, miné par le doute qu’il n’est plus permis d’ignorer.

Emmanuel Massicard
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