Un top 14 à réformer

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    Un top 14 à réformer
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Avec des saisons à cinquante matchs, le rugby français explose les compteurs. Et se tire une balle dans le pied.

Le constat

Faites les comptes : vingt-six matchs de phase régulière en Top 14, trois de phases finales, neuf en Coupe d’Europe dans le meilleur des cas et, en cette année 2017, douze matchs internationaux. En proposant des saisons à 50 matchs, dans un sport qui n’autorise sanitairement pas plus d’un affrontement par semaine, le rugby français se tire bravement une balle dans le pied. Pendant ce temps, les saisons de clubs proposent quatre matchs de moins en Angleterre, cinq en Ligue celte et l’hémisphère sud, exemple légitime de notre sport, ne propose pas plus de vingt matchs de clubs par saison (33 matchs au total, cette saison, pour un international néo-zélandais). Et après, on s’étonne de notre cascade de blessures et de trouver des joueurs occis quand ils prennent la route de Marcoussis! En France, rien n’est guidé par l’intérêt sportif. C’est l’appât du gain immédiat qui préside, celui des droits télés et de la billetterie. Mais le calcul, extrapolé à moyen terme, n’est-il pas perdant ? A vouloir multiplier les matchs, on nivelle par le moyennasse. On joue beaucoup, on joue même trop et surtout, on ne se donne pas les moyens de jouer bien. « Aider l’équipe de France, c’est aussi la mission des clubs. Pour des raisons économiques, parce que derrière les oppositions de façade, nous sommes tous dans le même bateau. A terme, si les Bleus continuent de trop perdre, ce sera néfaste à l’image globale du rugby. Et cette défiance du grand public se répercutera sur les clubs » analysait justement le président clermontois, Eric de Cromières, au sortir du désastre de la Coupe du monde 2015. Un discours de bon sens, toujours pas suivi d’effets.

La solution

Le débat n’est même pas tant de savoir s’il vaut mieux basculer vers un Top 12 ou un Top 16 à deux poules. Les têtes fortunées qui dirigent notre sport auront tout le loisir de s’écharper sur le sujet. Une seule obligation : il faut absolument réduire le nombre de matchs ! A choisir, on mettrait une pièce sur un Top 12, dans les standards de la Premiership anglaise depuis 2001. Là encore, le rugby français a bientôt 20 ans de retard sur ses concurrents. Cette formule a le double intérêt d’alléger le calendrier, pour laisser un temps de préparation décent aux joueurs, et de niveler le championnat par le haut en faisant sortir les deux relégués presque systématiquement en difficulté. C’est la logique sportive, mais pas celle du porte-feuille (deux billetteries supprimées chaque année). Dans un rugby français de plus en plus tenu par des grands argentiers, le débat s’annonce âpre. Il est pourtant vital.

Léo Faure
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