Guirado, capitaine abandonné

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    Guirado, capitaine abandonné
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Capitaine du XV de France irréprochable samedi soir dans son investissement, Guilhem Guirado s’est encore retrouvé esseulé. Comme trop souvent...

Il a débarqué anéanti en conférence de presse, au moment d’expliquer comment et pourquoi le XV de France, qu’il mène depuis près de deux ans désormais, en est arrivé au point d’être dominé par le Japon. Atteint moralement et physiquement, il faut dire que Guilhem Guirado était un des seuls à se trouver crédible quand il a fallu justifier l’injustifiable. La raison ? Le talonneur de Toulon est l’unique joueur français a avoir autant répondu présent dans l’impact et l’engagement, notamment au cœur de trente-cinq minutes indigentes. Loin d’être revenu à son tout meilleur niveau, il aura au moins eu à cœur de réhausser ses performances à un dégré indispensable pour exister à l’échelle internationale. Dommage, ce ne fut pas le cas de tous ses partenaires… « Je suis dépité, lâchait Guirado. Nous sommes dans le dur et on touche le fond. Chacun s’en est aperçu ce samedi soir puisque les Japonais jouaient beaucoup plus vite que nous dans tout ce qu’ils entreprenaient. » Un constat aussi amer qu’implacable. Les Bleus, ses Bleus, sont aujourd’hui largués. Tellement loin des meilleures nations mondiales. Lui ne peut que constater les dégâts : « Nous sommes vraiment au plus bas, poursuivait-il. Il nous faudra une grosse remise en question. Sérieusement, il n’y a pas grand-chose de plus à dire. Ce qui m’ennuie le plus, c’est que nous sommes toujours dans la réaction. Je suis amer. Je ne sais pas si nous, les joueurs, on se rend bien compte de ce que l’on a fait. C’est le message que je vais transmettre à mes coéquipiers car je suis vraiment très triste. » Extrêmement affecté même, mais cela aura-t-il seulement servi à la prise de conscience collective ?

Où sont les lieutenants ?

Le problème, c’est que cela fait maintenant trop longtemps que Guirado s’avance et se mouille sans solutions alternatives. Au moment de sa nomination comme capitaine, son prédécesseur Thierry Dusautoir nous confiait : « Je ne cache pas que je l’aime beaucoup. La place est pour lui. On s’entend peut-être si bien car on a un peu le même caractère. » Et le Varois pousse les similitudes jusqu’à connaître les mêmes déboires que l’ex-flanker toulousain. Lui aussi, sous l’ère Saint-André, s’était parfois retrouvé trop esseulé. épuisé à force de se battre dans le vide et catalogué capitaine abandonné. Guirado est-il l’homme de la situation ? Il serait illégitime de lui intenter ce procès. Tout simplement car il n’existe personne capable de reprendre le flambeau. Pire, le guerrier du RCT manque sûrement et cruellement de lieutenants, d’hommes en faculté de se lever et de partir au front à ses côtés. Rôle dans lequel ont longtemps brillé les Mas, Bonnaire, Harinordoquy ou Rougerie. Ils n’ont jamais été remplacés. Et le groupe s’est même retrouvé orphelin de son vice-capitaine Yoann Maestri durant cette tournée, pour des raisons sportives. L’éventuel retour en sélection de Morgan Parra suffira-t-il à combler cette carence ? Pas sûr, mais Guirado en aurait bien besoin.

Jérémy Fadat
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