Une génération à achever

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    Une génération à achever
Publié le / Mis à jour le

Frappés du sceau de la défaite, les trentenaires bleus n’auront jamais vraiment franchi la marche internationale. Pour eux, il est trop tard.

Le constat

Guy Novès a déjà largement entamé la bête. De la génération précédente, celle qui avait connu les tensions du mandat Lièvremont et les échecs du mandat Saint-André, il ne reste guère plus que Louis Picamoles, François Trinh-Duc, Guilhem Guirado, Mathieu Bastareaud, Yoann Huget et Yoann Maestri. Et encore. Les deux derniers ont pris un sacré coup de recul, cet automne, face à la persévérance de leurs performances insuffisantes. Longtemps disparu des Bleus, Bastareaud effectue actuellement un retour discret quand Trinh-Duc, nettement devancé par Lopez (blessé), subit également la concurrence de Belleau, à Toulon et désormais en Bleu. Faut-il en finir définitivement avec cette génération ? L’idée est séduisante. Parce qu’elle porte en elle le poids de la succession des défaites. Prenez Louis Picamoles : en 67 apparitions sous le maillot bleu, le Montpelliérain n’a connu la victoire qu’à trente reprises (44%). Yoann Huget et Guilhem Guirado affichent un ratio quasi-identique (45%). Pour Maestri, c’est encore pire (41%). Seuls Mathieu Bastareaud et François Trinh-Duc basculent péniblement du bon côté du ravin (51%). Pour ces joueurs, qui répètent leur lassitude devant autant de défis ratés, la défaite est devenue une habitude. Qui atténue l’esprit de révolte.

La solution

Il n’est pas question de basculer dans le jeunisme à tout prix. Aucune équipe n’a jamais été dominante avec une tribu de gamins et la dernière édition de la Coupe du monde, remportée en 2015 par la Nouvelle-Zélande, livre exactement ce verdict : les grandes compétitions se gagnent avec des joueurs d’expérience.
Mais le problème français est singulier, fait d’une accumulation de désillusions. Sans être toujours transcendante à l’international, le génération qui suit a pour elle cette fraîcheur qui manque aux Bleus. Mais pour les installer, il faut faire vite. Avant que, à leur tour, ils entrent dans cette spirale négative qui tue la confiance.

Léo Faure
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