Si vous lisez l'interview de Michalak !

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    Si vous lisez l'interview de Michalak !
Publié le , mis à jour

C’est un rendez-vous comme on n’en fait presque plus, posé au milieu d’un calendrier devenu brûlant par l’actualité sportive : trois défaites enchaînées du Lou, le retour à Mayol et la promesse d’un match classé à hauts risques (sportifs) contre un RCT lui aussi placé dos au mur, contraint de gagner pour s’éviter de plonger dans la crise.

Oui, toutes les raisons étaient bonnes –réunies- pour que Frédéric Michalak repousse la proposition d’interview et reporte l’instant de passer à confesse. Pour ne pas avoir à se mouiller. Finalement, l’ouvreur lyonnais ne s’est pas échappé. Comme souvent dans sa carrière, avec une simplicité désarmante, « Fred » a pris le temps de poser un regard plein de justesse et de sincérité sur le monde rugbystique qui l’entoure. D’apporter un avis éclairé sur les difficultés des Bleus et le marasme général du rugby français.

Il est allé droit au but. Sans jamais condamner quiconque, comme l’imposent hélas trop souvent les modes de communication d’un monde porté par les ego, où il fait bon « tailler les costards » pour s’offrir un instant de gloire médiatique. Ce n’est pas le genre d’un bonhomme.

Pourtant, les vérités de Frédéric Michalak sont cousues au fil d’or. Il ferait bon l’entendre, chez nos dirigeants, si l’on veut vraiment dégager un horizon sacrément bouché. C’est ici le témoignage d’un joueur à la carrière exemplaire, posée à la frontière des mondes professionnels et amateurs, qui n’a rien à gagner dans cette prise de parole et qui se met à nu pour aider son sport à retrouver le véritable sens de son histoire, sa richesse et finalement tout son intérêt.

Il faut le comprendre, l’écouter et surtout l’entendre quand il parle des Bleus, du jeu ou de la formation. Quand il décrit l’importance du lien entre les hommes, celle du dialogue, de l’héritage et de la transmission entre les générations. De ces jeunes qui l’entourent et débarquent dans un monde qui les propulsent au rang de champions du monde sans qu’ils n’aient jamais rien gagné. Ou de l’influence de l’argent, enfin, qui a tout changé dans notre discipline au point de figer les hommes dans des projets de carrière, les a plongés dans un individualisme forcené quand notre discipline puise sa réussite au plus profond de l’engagement collectif.

Ne vous trompez pas, Frédéric Michalak n’a rien à vendre. Pour autant, le signal d’alarme qu’il tire ici mérite d’être enregistré. Il ouvre une porte à la mobilisation des « anciens » que nous espérions depuis un moment déjà. Des joueurs, actuels ou retraités, que le rugby français ferait bien d’accueillir à la table des discussions s’il veut redorer son blason et s’assurer un avenir radieux. à l’aube de sa carrière, on se dit que l’enfant de Garonne ferait bien de poursuivre encore un peu sa balade sur les terrains avant de tirer sa révérence. Parce qu’en prolongeant le plaisir, et en plus de nous régaler avec des gestes dont lui seul à le secret, il aura le temps de partager la richesse de son histoire et les véritables valeurs de notre sport. C’est la force de l’exemple.Puissent-ils, joueurs et dirigeants, le comprendre.

Emmanuel Massicard
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