Ils veulent la fédérale 1

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En début de semaine dernière, Jean-Marc Trihan, le président de Rennes, s’est arrêté à l’entraînement des joueurs pour leur signifier un moment important : le démarrage de l’opération « relance des partenaires », pour assurer les fonds nécessaires à une présence éventuelle en Fédérale 1.

« Continuer à gagner comme vous le faites, leur a-t-il dit en substance, et si d’aventure vous obtenez la montée, nous pourrons la financer. » « On cherche globalement 200 000 euros », précisait en milieu de semaine cet ancien partenaire devenu président, et qui depuis sa prise de fonction en 2016, a lancé le club universitaire sur une nouvelle dynamique. L’une des premières actions du président-directeur général du groupe immobilier Lamotte fut de poser sur le stade un bâtiment modulaire transformé en club-house et en salle de musculation. « Rennes, c’est mon club de cœur, celui par lequel je suis arrivé en Bretagne, et qui m’a permis d’intégrer l’université, raconte son manager sportif Yann Moison. J’y ai toujours vécu un rugby de la débrouille. J’ai vu les joueurs en Fédérale 2 se changer derrière les coffres des voitures avant que la ville consente à la construction de vestiaires. Le simple fait de donner au club un lieu de vie commun a complètement changé sa physionomie. » La capacité de Jean-Marc Trihan à fédérer quelques partenaires financiers lui a également fait monter très rapidement quelques marches dans la hiérarchie.

« On ne s’est pas trompé »

Avant la trêve hivernale, Rennes a perdu de peu à Beauvais son dernier match de la phase aller après dix succès consécutifs, et cette courte défaite (29-26) a empêché les Bretons d’empocher le titre honorifique de champion d’automne de la Fédérale 2. La possibilité de se hisser sur le toit de la division est très nouvelle. Rennes a toujours figuré ce club d’universitaires enjoués qui d’années en années, descendaient en Fédérale 3 pour mieux remonter en Fédérale 2. L’arrivée de Jean-Marc Trihan et des partenaires financiers qu’il a drainés, ont mis un terme à ce mouvement incessant. Cette saison, pour ce qui constitue sa deuxième année d’exercice, le budget a évolué de 550 000 à 680 000 euros. Yann Moison a pu recruter des trentenaires de la division supérieure pour enrichir son effectif très couleur locale. « Je dirais que nous ne nous sommes pas trompés sur les hommes. Nous connaissions leur valeur sportive, mais leur entrain a confirmé leur envie de se fondre dans cette aventure », dit Moison. 

Avec eux dans le moteur, et un effectif plus étoffé en nombre, Rennes a enchaîné sans baisser de régime les prestations très abouties et les succès de prestige, comme celui obtenu chez son dauphin à Bobigny. Et Rennes s’est mis à séduire dans son propre camp. « Tiens c’est marrant, il y a du monde pour une fois », observait-on à la dernière assemblée générale du club. Maintes fois imaginé mais jamais réalisé, on croit tout d’un coup à l’avenir et au développement de ce club en phase de consolidation rigoureuse. Deux salariés ont été embauchés à l’école de rugby et chez les jeunes. Une assistance administrative a mis de l’ordre dans les affaires. Les comptes ont été transférés chez un expert-comptable. La labellisation du centre de formation a été lancée auprès de la Fédération. Dans cette Bretagne du rugby en pleine mutation, guidée par la locomotive vannetaise, les représentants de ville du Conseil régional, support d’une communauté d’agglomération en pleine expansion, ont pris d’un coup leur envergure. Par Guillaume Cyprien

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