Fritz Lee : Monsieur Rugby

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    Fritz Lee : Monsieur Rugby
Publié le , mis à jour

Débarqué dans l’anonymat, Fritz Lee est devenu l’un des meilleurs joueurs d’Europe à son poste.

Au milieu de son agenda médiatique chargé, Brian O’Drsicoll prenait le temps, en début de saison, de livrer son XV type de la compétition européenne. Et en numéro 8, il glissait Fritz Lee. Surprise ? Statistiquement, oui. Le Clermontois ne compte aucune sélection chez les All Blacks, tout juste vingt matchs en trois saisons de Super rugby et devance à son poste, aux yeux de « BOD », des cadors internationaux du calibre de Faletau, Heaslip, Vermeulen ou Vunipola.

C’est l’histoire d’un coup en or, pour les Clermontois. Fin octobre 2013, Elvis Vermeulen se donnait une hernie discale, qui devait le tenir éloigné des terrains pour quatre mois. Les Auvergnats se mettaient donc en quête d’un joker médical. Comme d’habitude, les grands noms de la scène internationale circulent. L’ASMCA officialise pourtant, deux semaines plus tard, le nom de Fritz Lee. Un franc inconnu des radars européens, qui évolue depuis un an en ITM Cup (championnat néo-zélandais) sous les couleurs des Counties Manukau. « Un inconnu pour vous, peut-être » en rigolera un an plus tard Fabrice Landreau, alors manager de Grenoble, à l’évocation de son nom. « À Grenoble, on le suivait depuis un moment. On était dessus. Et quand Clermont l’a pris, on savait qu’ils venaient de faire un super coup ». Castres aussi qui, dès son arrivée en France pour un contrat courte durée, cherchait à s’attacher ses services pour la saison suivante. Clermont, encore une fois, les devançait.

Fofana : « Fritz sait tout faire »

Depuis, Lee est un indiscutable de toutes les feuilles de match clermontoise, dès lors que le match revêt un enjeu premier. Une évidence, au poste de numéro 8, qui a même poussé Franck Azéma à décaler définitivement son capitaine Damien Chouly sur l’aile de la troisième. Parce que le jeu de Lee colle parfaitement au jeu clermontois. « Fritz, il sait tout faire » dit de lui Fofana. « Il peut intervenir n’importe où, n’importe quand dans une action, il fait toujours le geste juste. Et bien exécuté ». Un profil d’hyper-joueur, adepte des prises de balle très à plat, à pleine vitesse, capable d’inverser les angles de courses et qui, en priorisant l’intervalle aux défenseurs, avance sur chacune de ses interventions. Ce qu’il sut encore faire, ce dimanche, quand l’étau des Saracens étouffait les Clermontois, en début de match : faire avancer son équipe, trouver de la vitesse et du jeu après contact. Et contribuer à remettre les siens dans le droit chemin.

Une question, alors, face à l’accumulation de telles performances : comment Fritz Lee a-t-il pu demeurer dans l’antichambre du rugby néo-zélandais, jusqu’à lui tourner le dos ? « Tout avait bien commencé pour moi, avec les Chiefs. Mais, ensuite, je suis tombé sur un entraîneur qui ne voulait pas de moi. Il a inventé une excuse, comme quoi mon profil ne collait pas à ce qu’il voulait mettre en place. Et il m’a écarté du squad » nous confiait le joueur, un rien dépité, en mai dernier. Depuis, chaque fois qu’il marque un essai, il se passe une main devant les yeux. « C’est un petit message pour lui. Une manière de lui dire : et maintenant, tu as vu ce que j’aurais pu faire pour toi ? ». Savoureux.

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