Michalak : chanson de gestes

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    Michalak : chanson de gestes
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C’est au terme de sa dix-septième saison au plus haut niveau que Frédéric Michalak raccrochera les crampons, ainsi qu’il l’a annoncé ce lundi. l’occasion de redécouvrir, par le prisme de ses exploits sportifs, les grandes heures de sa carrière...

Avec l’annonce de la retraite de Frédéric Michalak, c’est d’abord un palmarès hors normes qui va quitter le rugby français. Celui, tout simplement, du meilleur réalisateur de l’équipe de France (436 points) qui le vit cumuler 77 sélections en quatorze saisons au plus haut niveau, pour quatre Tournois remportés (2002, 2004, 2 006 et 2 010), dont trois grands chelems. Celui du seul joueur hexagonal à avoir jamais disputé une finale du Super Rugby, en 2012, sous les couleurs des Sharks, avec lesquels il remporta par ailleurs la Currie Cup en 2008. Mais surtout le plus étoffé du rugby français et européen, fort de trois Boucliers de Brennus (2001, 2011, 2 014) et de six Coupes d’Europe (2003, 2005, 2010, 2013, 2 014 et 2 015) en rouge et noir, couleurs romantiques s’il en est, partagées entre le Stade toulousain et le RC Toulon.

« j’ai fait ce que j’avais à faire »

Autant de trophées auxquels les plus farouches détracteurs de Michalak rétorqueront qu’il ne figurait pas sur les feuilles de match des finales en 2010, 2011 et 2014. Pas de quoi pour autant procurer de regrets à l’actuel propriétaire du club de Blagnac, qui expliquait lundi avoir fait le tour de la question sportive. « J’ai fait ce que j’avais à faire, a-t-il déclaré lundi en marge d’un entraînement annulé en raison de la neige tombant sur la capitale des Gaules. Je me suis donné à 200 % depuis mon premier contrat en 2000-2001. On est en 2017 et la plupart des mecs de ma génération sont maintenant en dehors du terrain. Je crois qu’il était temps pour moi de laisser ma place à des jeunes qui ont un fort potentiel pour briller au plus haut niveau. »

La Coupe du monde, unique regret

Son seul regret? Il résidera, évidemment, dans ce rêve de Coupe du monde qu’il n’aura jamais atteint, après s’être brûlé les ailes face à l’Angleterre en 2003, avoir rongé son frein en 2007, et vécu la pire des sorties qui soit en 2015. De quoi attiser, évidemment, la blessure de ne pas avoir été convoqué en 2011 par Marc Lièvremont, alors que Michalak évoluait au sommet de son art avec les Sharks et que le XV de France cherchait désespérément un taulier à l’ouverture, au point de décaler Morgan Parra au poste de numéro 10 tout en offrant à Jean-Marc Doussain sa première sélection un jour de finale de Coupe du monde… Mais là se trouve, finalement, résumée la carrière de Frédéric Michalak. Forte de hauts et de bas, et d’autant de fulgurances sur lesquelles le gamin de la cité d’Ancely a forgé sa légende, à son corps défendant. « On disait de moi que j’étais un joueur d’instinct, nous confiait-il récemment. Mais je n’aurais jamais pu être ce joueur sans un collectif autour de moi, sans des joueurs qui travaillent, qui proposent des solutions. » On vous propose ainsi, à l’occasion de l’annonce de cette fin de carrière, de (re) découvrir certaines de ces actions qui ont marqué le rugby français lors de ces dernières années. Un florilège auquel on aurait bien sûr pu ajouter son récital face à l’Irlande en quarts de finale de la Coupe du monde 2003, sa traversée en solitaire face à l’Australie en 2004, ou ce génial petit par-dessus qui offrit un essai à Florian Fritz et le gain du Tournoi au XV de France à Cardiff en 2006. Mais il fallait bien choisir…

Nicolas Zanardi
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