Domingo : « Une petite revanche »

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    Domingo : « Une petite revanche »
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Pour la première fois de sa carrière professionnelle, Thomas Domingo a vaincu ce samedi l’ASMCA (22-21) avec laquelle il a décroché deux titres de champions de France (2010-2017), l’occasion pour l’une des grandes satisfactions du début de saison des Palois, de se livrer.

Comprenez-vous que l’on puisse être surpris de vous voir enchaîner les rencontres et les bonnes prestations à Pau, après deux saisons plus que quelconques à Clermont ?

Oui, parfaitement, je sais que beaucoup me pensaient fini pour le rugby ! J’ai eu dix-huit derniers mois à Clermont très difficile. Après des années et des années où j’enchaînais les rencontres, après plusieurs blessures, je n’entrais plus trop dans les plans du staff. Je n’avais pas perdu mon esprit compétiteur, dans ma tête, j’avais encore de l’ambition. C’est pour cela que je n’ai pas hésité quand la Section est venue me chercher. J’ai dit oui très rapidement même si c’était un crève-cœur de quitter un club comme l’ASM. J’y ai encore beaucoup d’amis que ce soit chez les joueurs ou les supporters.

Avez-vous douté ?

Bien sûr, quand tu t’entraînes, que tu postules et que tu n’es pas sur les feuilles de match, c’est dur ! À un moment, j’ai douté sur mes capacités à évoluer de nouveau en Top 14, mais heureusement, j’ai eu ce coup de fil de Pau, assez tôt dans la saison, qui me voulait vraiment. Savoir qu’un club comme la Section, avec un véritable projet, mise sur toi, te propose trois ans ferme, m’a permis de dépasser ma frustration et de continuer à travailler au quotidien à Clermont.

Vous sentez-vous champion de France ?

Je n’étais pas sur le terrain ni sur la feuille de match. Juste après la finale, je ne me sentais pas pleinement champion, mais la réaction du groupe vis-à-vis de moi a été exceptionnelle, les anciens, les jeunes m’ont rappelé mon implication tout au long de l’année, ils m’ont fait sentir que j’étais une des pièces du puzzle, aussi importante que les autres. Alors, j’ai ma part.

En voulez-vous à l’ASMCA ?

À l’institution absolument pas ! À personne du reste. Je me sens plutôt redevable vis-à-vis de Pau. Ils sont venus me chercher, ont cru en moi, ils m’ont permis de me relancer.

Pas de sentiment de revanche pour le match (samedi soir) ?

Un petit peu bien sûr. C’est la première fois que j'affrontais l’ASM donc la motivation était décuplée. Mais c’était surtout une rencontre très importante pour la Section. Alors oui, personnellement, j’avais une petite revanche à prendre mais je voulais surtout rendre à la Section la confiance qu’elle m’a faite en m’engageant.

Comment s’est passée votre intégration en Béarn ?

Julien Pierre m’avait fait une bonne publicité ! J’ai été très bien accueilli par le vestiaire. Des garçons comme Sylvain Charlet ou Malik Hamadache se sont démenés pour que je trouve très rapidement ma place dans le groupe. Comme quoi, la confrérie des piliers existe toujours ! C’est un poste particulier et même dans le rugby moderne la solidarité entre « spécialistes » existe toujours.

Même si la mêlée a moins d’importance qu’auparavant ?

La mêlée reste primordiale surtout pour un pilier. C’est notre boulot principal. Elle n’a pas moins d’importance, elle a évolué. Aujourd’hui avec les commandements, cela ressemble de plus en plus à un simple rapport de force. Il y a moins de vice de placements. En général, c’est le plus fort qui avance ou le plus massif. Cela demande toujours un gros travail spécifique que ce soit en musculation ou lors des séances avec opposition en semaine.

Terminé les pépins physiques ?

Disons que les 18 derniers mois où je jouais beaucoup moins, ont permis à mon corps de se régénérer. J’ai longtemps été ennuyé notamment à cause de mes genoux. Deux fois les croisés, des ménisques qui coincent. J’ai mis longtemps à voir le bout du tunnel. Je me sens mieux, ne ressens plus de gênes.

Avez-vous fait une croix sur le XV de France ?

Ils sont passés à autre chose. À mon poste, il y a beaucoup de postulants beaucoup plus jeunes que moi. Mon objectif est de prendre un maximum de plaisir avec la Section et pourquoi pas retrouver la Coupe d’Europe avec ce club.

Est-ce que vous avez retrouvé des similitudes dans le management avec Vern Cotter, depuis que vous êtes à Pau sous les ordres de son compatriote Simon Mannix ?

C’est sûr que tous les deux, quand ils élèvent la voix, tu écoutes (rires, N.D.L.R.) ! Mais plus dans le fonctionnement au quotidien. Sur leur exigence du travail à l’entraînement. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils sont tous les deux Néo-Zélandais, mais oui, il y a des similitudes dans la manière de s’entraîner.

Pierre-Laurent Gou
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