Une première historique

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Publié le / Mis à jour le

Guy Novès ne verrait donc pas l’aube de son troisième Tournoi des 6 Nations, face à l’Irlande le 3 février prochain au Stade de France. Comme attendu depuis la fin de la tournée d’automne, il devrait être remercié sur l’autel d’un bilan sportif décevant, au nom de l’intérêt supérieur d’un rugby français et de sa vitrine qu’il convient de protéger, selon l’expression consacrée. C’est pourtant à guichets fermés que doit se jouer la rencontre contre les Verts, preuve que tout n’est pas encore fichu malgré la chienlit. L’enceinte dyonisienne serait déjà remplie aux deux-tiers…

Guy Novès ne verrait donc pas l’aube de son troisième Tournoi des 6 Nations, face à l’Irlande le 3 février prochain au Stade de France. Comme attendu depuis la fin de la tournée d’automne, il devrait être remercié sur l’autel d’un bilan sportif décevant, au nom de l’intérêt supérieur d’un rugby français et de sa vitrine qu’il convient de protéger, selon l’expression consacrée. C’est pourtant à guichets fermés que doit se jouer la rencontre contre les Verts, preuve que tout n’est pas encore fichu malgré la chienlit. L’enceinte dyonisienne serait déjà remplie aux deux-tiers… Aussi rassurante soit-elle pour le trésorier fédéral, la nouvelle ne sauverait pas Novès. Il ne lui serait pas offert l’occasion de combattre avec ses hommes enfin valides, et plus encore d’avoir une sortie à la hauteur de sa carrière. Le trio qu’il forme avec Bru et Dubois pourrait être sacrifié moins de treize mois après l’élection de Laporte, qui deviendrait le premier président à remercier son sélectionneur. « Bernie » entre ainsi une nouvelle fois dans l’histoire du rugby français…

Dans les faits, si Laporte a régulièrement affirmé son désir de poursuivre avec Novès, s’il a même parfois confié le souhait d’établir une relation de confiance avec le manager le plus titré du rugby français, le président de la FFR a presque tout fait pour précipiter la chute du Toulousain. Consciemment ou par maladresse, de son plein gré ou pour répondre aux sollicitations d’une partie de son entourage, il l’a régulièrement placé sous pression.

Au bout de leur aventure commune, les faits sont d’un cynisme glaçant : l’ancien manager des Bleus cèderait à la facilité quand on l’attendrait justement déterminé à mener en profondeur les réformes indispensables pour relancer le XV de France. Au lieu de quoi, en sacrifiant le sélectionneur, il lui ferait portertoutes les responsabilités et nous laisserait croire que son successeur pourrait tout changer…Ne rêvez pas : sans aggiornamento, l’embellie des premiers jours a toutes les chances d’être encore un feu de paille.

Pour l’heure, l’équipe de France semble encore passer au second plan des préoccupations, avec l’avenir de son futur staff qui se négocie à la hâte et, en toile de fond, la perspective d’une mise à disposition des différents techniciens pour la durée du Tournoi. Ils seraient ainsi opposés en club et priés de partager leur jeu en sélection. Voilà un jeu de dupes et une belle leçon de bricolage… Le récent audit imposé par Serge Simon n’a trompé personne, même s’il a brouillé les pistes. Le vice-président a surtout fait perdre un temps extrêmement précieux à Laporte et au XV de France. Mais il ne changera rien au destin de Novès et à celui de son président… Même si ce dernier ne remettra pas le survêtement, son ombre planera plus que jamais sur les Bleus.

Jusqu’ici les échecs de la sélection ne lui appartenaient pas et il avait beau jeu de les passer au tamis de la critique. à compter de ce jour, sa responsabilité sera engagée : Laporte sera lui aussi jugé au gré des résultats. Un drôle de pari alors que 2018 ressemble à l’année de tous les dangers…

Emmanuel Massicard
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