Une championne de Xterra au rugby à 5

Lucille Gervaise est devenue à la fin du mois d’octobre vice championne du monde de XTerra, dans la catégorie des femmes amateurs de plus de trente ans. À Hawai, elle a bouclé à la deuxième place en trois heures et quarante-huit minutes, ce triathlon composé d’un kilomètre et demi de nage dans l’océan, de trente-deux kilomètres de VTT, et de 10 kilomètres de trail en montagne.

Elle s’était lancé un pari. Cette Rémoise devenue Meusienne par son mariage, après être devenue maman par deux fois, avait décidé de se relancer dans une activité intensive pour ses trente ans. Elle pédalait en VTT à un niveau national dans sa jeunesse. Elle avait déjà tâté du XTerra, ce triathlon des baroudeurs de montagne. À trente ans, elle a éprouvé le besoin de se remettre à l’épreuve. Son axe de travail de course ? Le rugby à 5. Elle y jouait depuis trois ans déjà.

Le rugby cardio

Cette ostéopathe de métier, interdite de jeu à contact pour préserver ses mains, s’était laissée tirer au club de Centre Meuse Force 4 par une copine. « Ce fut une grande découverte, dit-elle. Moi qui avais toujours passé mes efforts sportifs en solitaire à souffrir le martyre, j’ai découvert une autre facette du sport, avec des amies pour s’éclater, en jouant de façon ludique. C’est juste l’inverse de ce que j’avais toujours connu. » Quand elle a débuté son entraînement pour se lancer dans son triathlon des trente ans - 5 à 6 séances intensives par semaine - elle a conservé le rugby à 5 dans sa manche pour travailler son cardio. C’est son classement au triathlon « France » qui lui a permis d’être retenu pour l’épreuve mondiale à Hawai. « C’est génial le rugby à 5, dit-elle. Si tu le veux, tu n’arrêtes pas de courir. C’était une bonne base pour se mettre en condition. » « On ne l’arrête pas Lucille. Elle possède une accélération surprenante qu’elle peut répéter quand elle le souhaite », dit son entraîneur Christophe Boudot, qui depuis deux mois, dispose dans son groupe d’une vice championne du monde. La classe. Et le rugby à 5, cette discipline un peu dévaluée par les puristes, mais par laquelle la FFR tente de rameuter quelques licenciés, a trouvé dans sa performance une belle publicité.

Par Guillaume Cyprien