« Notre seul problème, c’est le manque de public »

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    « Notre seul problème, c’est le manque de public »
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CHRISTIAN LOTH - Le président de Strasbourg, évoque la non éligibilité de son club pour participer aux phases finales. Pour lui, Strasbourg pourra y prétendre la saison prochaine.

Votre club fait partie des six de la poule d’accession recalés par la fédération. Vous ne pourrez pas participer aux phases finales. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cette non-éligibilité ?
Comme pour les autres, la problématique est liée à la situation financière nette. Le règlement stipulait que nous devions présenter une situation nette de 100 000 euros au mois de juin 2017 à la fin de la saison précédente. Le gendarme de contrôle financier a estimé que nous ne remplissions pas ce critère, malgré notre situation à 123 000 euros.

Pourquoi ?
La DNACG incorpore dans son calcul ce qu’elle appelle des retardements. S’agissant de notre situation, nous traînons deux contentieux prud’homaux que nous devons régler, qui représentent la somme de 105 000 euros (N.D.L.R., avec l’ancien entraîneur Philippe Braem et un ancien joueur). Elle n’accepte pas non plus ce que nous nommons des produits à recevoir, à savoir la participation de certains partenaires qui s’engagent, mais qui versent leurs engagements seulement en toute fin de saison. On ne parle pas de vagues promesses de dons formulées sur papier. Nous avons les chèques de ces engagements. Mais cette façon de procéder ne colle pas avec les normes de la division.

Contestez-vous la position de la DNACG ?
Ce n’est pas la question. Il est possible d’interpréter les situations de façons différentes. Sur le contentieux aux prud’hommes, par exemple, les actionnaires du club ont décidé de prendre en charge ces flux exceptionnels qui solderont le passé. L’association sera complètement dégagée de cette charge. Ce n’est qu’un exemple. Mais ce n’est pas important. L’essentiel, c’est que nous avons pu échanger avec la fédération sur ces questions de façon très claire et transparente, avec une vision constructive. Quand je dis nous, c’est l’ensemble des présidents des clubs de cette poule d’accession.

En quoi cet échange a-t-il été constructif ?
Contrairement à l’idée véhiculée, le vice-président de la fédération Monsieur Murié est très favorable au maintien de cette poule d’accession. Son intérêt sportif est évident. L’échange a été constructif dans le sens où nous avons pu accorder nos visions du règlement. Les présidents se sont engagés à respecter les règles qui ont été redéfinies précisément. La DNACG ne veut pas entendre de produits à recevoir. Nous n’en présenterons plus.

Quelle est la situation financière du RC Strasbourg ?
Au 31 décembre 2017, nous avons clôturé à l’équilibre. Ferez-vous toujours partie de cette poule d’accession la saison prochaine ? Et serez-vous en mesure de prétendre réellement à une montée en Pro D2 ?
Nous présenterons évidemment notre dossier pour nous y maintenir. Et si nous y sommes, nous pourrons prétendre à une montée.

Quel sera votre budget ? 
Au 30 juin 2017, il culminait à 2,2 millions d’euros. Nous avions établi alors un plan triennal pour l’augmenter d’un million d’euros. Une structure commerciale a été mise en place pour atteindre ce chiffre. Je crois que nous pourrons l’atteindre assez rapidement. Pas tout de suite, mais rapidement. Depuis 2013, nous avons déjà augmenté nos ressources d’un million d’euros, sans disposer de cette structure commerciale.

Comment vos infrastructures ont-elles été notées ? Votre stade de Hautepierre pourrait-il recevoir des matchs de Pro D2 ? 
Aucune notification contraire ne nous a été formulée. Et l’éclairage est bon. Je pars du principe que le stade ne cause aucune difficulté, tout en sachant que nous nous sommes rapprochés de la mairie pour envisager des apparitions sur le stade de la Mainau. Mais ce dossier pose le problème de notre manque de public. Avec 1 000 personnes à la Meinau, nous nous sentirons un peu seul. Ce manque de public est réellement notre seul et unique problème. Nous travaillons pour le résoudre, mais il est difficile de grandir à côté d’un club de football qui est devenu une marque, et qui peut rassembler 20 000 personnes à chaque match de CFA 2.

Par Guillaume Cyprien

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