Angers : une synergie ou rien

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    Angers : une synergie ou rien
Publié le , mis à jour

Le rugby angevin a le sentiment de posséder de bons arguments. Ne lui reste à bénéficier que d’une réelle volonté politique.

Même si des coups lui sont portés ici ou là, le vieux serpent de mer de la percée des clubs au nord de la Loire n’est pas mort. Il suscite toujours quelques débats. À Angers, dans une ville dynamique et attrayante de 130 000 habitants que l’agglomération porte à 300 000, le rugby confronté à la rude concurrence de plusieurs disciplines de haut niveau illustre les difficultés à exister mais aussi les raisons d’espérer. Dans leur poule de Fédérale 3 les Angevins admettent ne pas pouvoir lutter avec la puissance de feu de l’US Tours, cependant, installé dans la partie haute du tableau, ils se voient offrir de réelles et motivantes perspectives. C’est une réalité, Angers n’est pas culturellement une terre de rugby et ses dirigeants et ses joueurs doivent donc redoubler d’engagement et d’efforts pour creuser leur sillon et planter les graines d’une récolte qu’ils espèrent fructueuse. À la tête de ces « cultivateurs », le jeune président Jean-Benoît Portier regrette que quelques freins ralentissent une marche qui ne peut, en aucun cas, faiblir sous peine de rentrer dans le rang. Pour tout vous dire, le président était un peu agacé, mais aujourd’hui il se veut optimiste : « Nous créons de la vie autour de nous et de nos quelque 500 licenciés. Ça bouge avec un vrai projet sportif et le SCO rugby est un bon club. Nous avons besoin des collectivités pour avancer et j’ai de très bonnes relations avec le maire. Ensemble nous allons améliorer nos infrastructures. »

Ville hôte de la Coupe du monde ?

Pour aller plus loin les Angevins concevraient d’être ville hôte de la prochaine Coupe du monde en France. Un appel a été lancé, sera-t-il entendu ? Jean-Benoît Portier n’ignore pas que les embûches sont nombreuses, mais il veut y croire, et avec lui la soixantaine de bénévoles passionnés. Au présent, le SCO Rugby Angers doit s’installer sportivement en Fédérale 3 et y vivre sans trembler. La dynamique a été impulsée et elle est alimentée par un objectif que le président assume : « Il y a ici une forte volonté de prétendre à la Fédérale 2 à l’échéance 2020 et à la Fédérale 1 d’ici dix ans. Cette période d’évolution correspond au cycle de la formation. » Pour appuyer cette démarche, un centre de formation va être opérationnel, quatre jeunes joueurs ont été embauchés pour l’optimiser et un tiers du budget est dédié aux éducateurs, joueurs issus du club. Aux seniors maintenant de jouer avec un nouvel entraîneur à leur tête, Emmanuel Esquerre auquel J-B Portier reconnaît de vraies valeurs. La jeunesse du collectif est un gage d’avenir et le capitaine Florian Blondy, 27 ans dont 15 d’appartenance au club, en est la parfaite illustration. Au sein de ce groupe très qualitatif, ils sont plusieurs éléments à tirer la loco noir-blanc-rouge et parmi eux le deuxième ligne de l’équipe de France de la gendarmerie Jean-Luc Bourgine, son jeune coéquipier d’attelage Enzo Koffi (18 ans), les efficients Axel Poulain et Consty Bossalo mais aussi deux jeunes sénégalais issus de la convention signée entre le club et la Fédération sénégalaise de rugby. Sans doute manque-t-il la présence de deux ou trois cadres qui apporteraient une certaine maturité, et chacun espère maintenant une participation au championnat de France qui serait facteur indispensable d’endurcissement. Encore faut-il qu’à Angers la synergie soit totale…

Par Gérard Piffeteau 

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