Les gènes et le jeu

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En conservant ses vertus et en y greffant un esprit d’ouverture, le Stade Belvèsois est en train de réussir sa mue.

La réputation de rugosité qui colle aux crampons du rugby belvèsois n’est pas usurpée. Il faut être costaud pour s’en aller s’imposer à Sem Gallet. La preuve, la saison dernière, Périgueux champion de France a subi là son unique revers. Belvès reste un refuge de ces valeurs dont on parle avec des trémolos dans la voix au comptoir de nos clubs house. Dans la jolie bastide du Périgord, personne ne songe à décoller cette étiquette de virilité, mais depuis trois ans et l’installation du staff composé de Stéphane Faure, Christophe Bramery et Jean-Michel Mouillac, les temps changent. L’ex attaquant Stéphane Faure est l’un des acteurs majeurs de cette évolution positive. Le manager évoque le contexte local : « Nos infrastructures de rugby de village sont très modestes et le club a renvoyé une image d’équipe dure. Les joueurs ont conservé les gènes d’un fort mental, j’y tenais, mais sans violence et aujourd’hui nous sommes craints pour notre jeu. » Et les excellents résultats plaident en faveur des promoteurs de ce nouveau projet, mais Patrick Delfour qui copréside au côté de Serge Orhand connaît trop bien la maison dont il a porté les couleurs à 17 ans en Fédérale 3 pour ne pas attribuer au regretté Claude Boucherie l’impulsion d’une dynamique décisive au milieu des années 70. « Nous lui devons beaucoup » précise-t-il. Car le Stade belvèsois actuel, la centaine passée, affiche une belle santé. Fort d’un nombre importants de « petits partenaires » il n’est dépendant de personne pour boucler son budget de quelques 240 000 €. Parmi les autres raisons de sa sérénité, Patrick Delfour avance la stabilité depuis trois ans du potentiel humain et de son noyau dur. Il se réjouit aussi de posséder un encadrement technique de qualité et d’avoir relancé l’école de rugby de l’entente Ovalis avec Lalinde qui vient d’accéder au même niveau de la Fédérale 3, Le Bugue, Saint-Cyprien et Le Lanquais. 

Prêt à assumer une montée

Ainsi le responsable du secteur jeunes, Frédéric Castanié, a du grain à moudre. « Je ne rêve pas, prévient Delfour, ça devient de plus en plus difficile mais je reste optimiste pour un avenir à 5-6 ans et nous avons la grande chance de pouvoir compter sur un groupe très important de bénévoles fortement impliqués dans l’activité du club. » Sur le terrain la machine avance derrière le capitaine Bernard Arvouet et quelques guides dont font partie Steve Pasquet, Cyril Malartigne, Bruno Resendé, Damien Durand ou la plus value tonguienne Soukahuffanga au club depuis plusieurs saisons. Au plus près de ses coachs Bramery et Mouillac, le manager Faure a redonné une respiration à un club qui souffrait d’essoufflement. Le plan d’action est toujours opérationnel : « La première phase du projet a consisté à conserver la notion locale d’un état d’esprit un peu particulier mais très familial. Sans négliger l’aspect technique avec l’apport du super technicien Bramery. Nous voulons faire progresser les joueurs locaux. Ensuite, il est indispensable de faire évoluer le club dans ses structures en créant un bureau directeur décisionnaire composé de gens influents. Toutes proportions gardées, avec nos petits moyens, nous voulons mettre en place des structures comme celles du haut niveau, notamment en termes de vidéo et de suivi médical. Tout en étant très amateurs ces évolutions se sont ressenties sur le sportif et les joueurs, il y a progression. » Vous ne serez donc pas surpris si le club qui vient d’échouer deux fois aux portes de la Fédérale 2 se prépare à assumer une éventuelle promotion.

Par Gérard Piffeteau 

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