Le bal des perdants

Toutes les bonnes intentions du monde ne suffisent pas. Et Jacques Brunel, malgré ses déclarations ambitieuses, fait comme tous ceux qui l’ont précédé dans l’exercice de sélectionneur, depuis dix ans.

Toutes les bonnes intentions du monde ne suffisent pas. Et Jacques Brunel, malgré ses déclarations ambitieuses, fait comme tous ceux qui l’ont précédé dans l’exercice de sélectionneur, depuis dix ans. Sous-entendu, il ne fait pas mieux, avec les moyens du bord : il mesure l’accumulation des blessures chez ses rares joueurs de niveau international, lance des jeunes qui ne sont même pas encore installés en Top 14, tente de vexer ses « anciens » pour les sortir de leurs ronronnements lénifiants. À la fin, il constate que ce bricolage, imposé par la structure suicidaire du rugby français, ne suffit pas à renverser des nations qui ont pensé leur rugby, leur formation, leur championnat. Il ne manquerait plus que ça, en même temps ! Que des pays qui travaillent et réfléchissent ne triomphent pas de ceux qui improvisent bravement. Le miracle du romantisme latin, de la bande de copains un rien cinglés qui renversent des montagnes, n’a plus cours en 2018. Désormais, le meilleur gagne. Et c’est rarement la France. 

Bienvenue en deuxième division

Ce ne fut, en tout cas, pas le cas face à l’Irlande puis l’écosse. On peine alors à croire que ce sera le cas, en mars, face à l’Angleterre et le pays de Galles. Le Tournoi des 6 nations 2018 est d’ores et déjà à enterrer.
Jacques Brunel en est-il le responsable ? Même pas. Mais les faits sont là, têtus. Les Bleus perdent encore, s’ancrent un peu plus dans une spirale de doutes qui les leste et les tire tranquillement vers les eaux froides de la deuxième division mondiale. Pas encore ? Oh, nous en sommes si proches… Ce n’est pas un jugement, mais une réalité factuelle. Et pour la vox populi qui réclamait tranquillement, il y a un an, la relégation de l’Italie en Tournoi B, pour promouvoir la Géorgie qui se balade à l’étage inférieur, on livre un scoop : au classement World rugby, la France (77,43 points) est ce lundi plus proche de ladite Gérogie (73,46 points) que de l’écosse (82,94 points), qui la précède à l’échelle du Tournoi des 6 nations.
Novès avait raison, quand il positivait le bilan de son dernier Tournoi terminé sur le podium, malgré trois déplacements en cinq matchs. La récurrence du défi français, c’est désormais d’éviter la cuillère de bois. Et c’est justement ce défi qui attendra les Bleus, dans deux semaines à Marseille. Que de réjouissances. Dans une rencontre où la pression sera sur les épaules des Bleus, on ne jure plus de rien…