Brunel comme les autres

En changeant de sélectionneur avant le début du tournoi des 6 Nations, Bernard lAporte espérait enclencher une nouvelle dynamique, mais Jacques Brunel n’a pas de baguette magique.

L’effet Brunel n’a pas eu lieu. Les Bleus continuent de perdre. Le nouveau sélectionneur n’a pas de baguette magique et, comme ses prédécesseurs, il est confronté aux mêmes problématiques, aux mêmes réalités, avec des forfaits qui s’enchaînent autant que les défaites. L’équipe de France poursuit une chute entamée dès 2011, même si la finale de Coupe du monde disputée cette année-là avait agi comme un magnifique trompe l’œil pour cacher les souffrances d’un rugby français, dont l’organisation n’est plus en adéquation avec les exigences du très haut niveau international. Face à cette réalité, Philippe Saint-André et Guy Novès avaient misé sur la construction d’un groupe sur le long terme en vue de la Coupe du monde, espérant que la longue préparation de cet événement puisse leur permettre de combler le retard. Pari perdu par Philippe Saint-André alors que Guy Novès n’a pas eu le temps d’arriver à cette échéance. Jacques Brunel avait décidé de prendre le contre-pied, en privilégiant la politique de l’homme en forme et replaçant le Tournoi comme la compétition prioritaire des Bleus. Une urgence de résultat qui l’a conduit avec son staff à assumer un jeu simple mais efficace, basé sur la défense et l’occupation.

Malheureusement, l’équipe de France est déjà hors course pour le gain du Tournoi, et cette année 2018 s’annonce encore bien noire en termes de résultat au regard des futures échéances, avec l’Angleterre, le pays de Galles et trois tests en Nouvelle-Zélande au programme d’ici fin juin. Il faudra bien des exploits pour éviter un bilan catastrophique qui pourrait se résumer à un seul succès face à l’Italie dans moins de quinze jours, seule confrontation que les Français aborderont avec un statut de favoris. Jacques Brunel peut-il inverser la tendance ? Il y est déjà parvenu dans sa carrière, notamment à Perpignan où il avait connu des débuts difficiles pendant trois mois avant de trouver les clés pour permettre à l’Usap d’atteindre les demi-finales du Top 14. Il avait aussi obtenu ses meilleurs résultats avec l’Italie après une année de mandat. Mais les Bleus ont besoin d’un déclic et il n’est pas certain qu’un succès face à l’Italie soit suffisant.

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Commentaires

"qui l’a conduit avec son staff à assumer un jeu simple mais efficace... on cherche toujours le côté efficace d'un jeu minimaliste sans ambition offensive. Alors que ce qu'avait commencé à mettre en place Novès lors du dernier tournoi avait tous les ingrédients pour porter leurs fruits dans ce tournoi... Quel gâchis ! à tous ceux qui prônent que la défense est la meilleure attaque, moi je leur réponds que l'attaque est le seul moyen de marquer plus de points que son adversaire et de nous procurer du plaisir dans le jeu.