L’Angleterre dit adieu au grand chelem

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    L’Angleterre dit adieu au grand chelem
Publié le , mis à jour

L’Angleterre ne jouera donc pas le grand chelem, elle n’offrira pas à Twickenham une grande « finale » contre l’Irlande pour la dernière journée du Tournoi et elle viendra en France avec une aura un peu flétrie.

La brigade d’Eddie Jones qui n’avait perdu qu’un match en deux ans n’est donc pas si invincible que ça. Elle s’est même faite salement estourbir par cette curieuse équipe d’Ecosse capable de lui passer trois essais en trente-huit minutes. Les Anglais ont été mangés dans les regroupements, ils ont subi à notre pointage au moins cinq pénalités sur des rucks qu’ils avaient initiés. Ils ont subi dix turnovers en tout. La machine était tellement grippée qu’elle n’a jamais pu tourner à plein régime. Le jeu anglais a montré bien peu de vitesse. Une seule fois, une de ses offensives a déstabilisé la défense adverse, sur l’essai de Farrell via un bon renversement qui mit le buteur dans l’espace. Le reste du temps, l’Angleterre joua la mouche qui bute sur une vitre.

« Je prends toute la responsabilité de cette défaite »

« Nous sommes l’équipe que tout le monde veut battre dans cette compétition. C’est un vrai défi pour nous. Quand nous perdons, nous apprenons cette défaite. Mais ce n’est pas la fin du monde… confiait Eddie Jones. Je n’ai sans doute pas préparé ce match comme il fallait, je prends toute la responsabilité de cet échec. Je croyais avoir bien entraîné l’équipe en la confrontant à la Georgie à l’entraînement. Nous pensions avoir amélioré notre conquête, mais le transfert de n’est pas fait sur ce match. Mais sa principale cause fut la qualité de cette équipe écossaise. Tout simplement. Elle fut excellente. Nous avons laissé des espaces au milieu du terrain et nos adversaires les ont pris avec intelligence. » Le coach anglais a réussi à éviter de parler du carton jaune de Underhill qui pesa sans doute lourd dans le verdict. Sa troisième ligne fut pointée du doigt tout de suite, « Vous savez, l’histoire des turnovers et des pénalités sur les points de rencontres ne concernent pas que les flankers. Ça c’était le rugby d’il y a quinze ans. Il a ben d’autres joueurs susceptibles d’intervenir. »
Le sélectionneur malicieux va-t-il changer son XV de départ pour affronter la France ? Il était bien sûr trop tôt pour le dire et malgré sa verve, il a éludé la question. Il réfléchira sans doute au dispositif qu’il a choisi depuis le début du Tournoi : placer un deuxième ligne comme Lawes sous le maillot numéro 6, est une option qui a forcément des défauts, de temps à autre. Underhill (quand il ne craque pas) est un pur plaqueur-gratteur taillé pour le combat. Le désopilant Haskell est revenu de sa suspension et piaffe dans l’antichambre. On parle même d’un possible retour de Manu Tuilagi absent depuis deux ans. Un petit coup de fouet à l’ego de certains, ça ne peut pas faire de mal. Monsieur Eddie connaît toutes les ficelles de son métier.

Jérôme Prévot
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