Julien Bonnaire : « Prendre conscience de nos capacités »

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    Julien Bonnaire : « Prendre conscience de nos capacités »
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Si ses joueurs ont haussé leur niveau en touche par rapport à leur dernière sortie en Écosse, l’ancien troisième ligne attend davantage de précision et de régularité face aux gros bras anglais et gallois. avec honnêteté, il dresse un premier bilan à mi-tournoi.

Midi Olympique : Il y a quelques semaines encore, vous n’imaginiez même pas entraîner un jour… Quel bilan tirez-vous de ces premiers matchs comme responsable de l’alignement des Bleus ?

Julien Bonnaire : Je vis un peu tout en accéléré. Lors de mes premières séquences, il y avait un peu d’appréhension et je n’étais pas vraiment rôdé, je pense que cela s’est vu (rires). Mais c’est comme tout : une fois que le premier pas est fait, on s’habitue… Comme je l’ai dit aux joueurs, je suis surtout là pour les accompagner, pour leur suggérer des choses, mais je veux qu’ils restent responsabilisés parce que ce sont eux qui sont sur le terrain. Et il me semble que sur ce match, nous avons progressé par rapport à nos premières sorties.

Vous parliez de responsabiliser vos joueurs. Le paradoxe est que dans l’équipe que vous alignez, aucun joueur n’exerce la fonction de capitaine de touche en club. Quels sont vos relais aujourd’hui ?

Il y a Sébastien Vahaamahina. Et Yacouba Camara qui commence à bien s’intéresser à ce rôle, Paul Gabrillagues qui a également pris en charge ce secteur en fin de match… Au-delà du fait qu’ils n’ont peut-être pas cette responsabilité en club, ils affichent l’envie de la prendre et c’est déjà quelque chose de très important. Même si c’est d’autant moins évident pour eux d’effectuer le bon choix au bout d’un certain moment, quand tu es dans le rouge et que tu n’as plus toute ta lucidité en fin de match…

Pourquoi l’équipe de France a-t-elle attendu une demi-heure avant de sauter sur les lancers italiens ? S’agissait-il d’une consigne ?

Ce n’était pas du tout prévu, et c’est ce que j’ai dit aux joueurs à la mi-temps : il faut avoir confiance en ce que nous sommes capables de faire. J’étais persuadé qu’il y avait des possibilités de contrer les Italiens. Au final, on leur pique deux ballons au saut (Camara et Vahaamahina, N.D.L.R.), un à la retombée. L’un de ces ballons volés l’a été en zone critique, près de notre ligne d’en-but. Cela doit nourrir notre confiance pour les prochains matchs.

À Murrayfield il y a quinze jours, vous aviez terminé la rencontre par un ballon porté facilement mis en échec par les Écossais. On imagine que l’entame contre l’Italie a dû vous satisfaire sur ce point… 

Au sujet des ballons portés, c’est pareil : il faut juste que l’on prenne conscience de ce qu’on est capables de faire. Entamer le match de la sorte, en poussant les Italiens à la faute une première fois, puis en marquant, c’était idéal pour nous donner confiance.

Peut-être un peu trop, puisque vous encaissez un essai sur ballon porté dans la foulée…

Oui… Si vous regardez bien la vidéo, vous verrez qu’il peut y avoir pénalité pour nous à l’origine, puisque les soutiens du sauteur italien se placent en opposition devant lui. Mais cela n’empêche pas que nous n’avons pas défendu en l’air. Et surtout qu’au sol, comme plusieurs fois depuis le début du Tournoi, nos attitudes étaient beaucoup trop hautes… Des lifteurs aux sauteurs, chacun a sa responsabilité sur ces phases de jeu, et nous ne les avons pas prises sur le coup. Heureusement que nous ne prenons pas de carton.

Depuis votre arrivée en tant qu’entraîneur de la touche, l’équipe de France apporte peu de circulation de joueurs dans ses alignements, sautant essentiellement « en intention ». S’agit-il d’un simple souci de simplification, ou d’une conviction personnelle ?

Au départ, l’idée était de mettre en place des choses simples, d’aller à l’essentiel. Quand tu as peu de temps de préparation et que tu mets en place de la circulation, souventtu te trompes davantage toi-même que tu parviens à tromper l’adversaire…

N’est-ce pas préjudiciable dans l’optique de toucher le fond d’alignement ?

Non. Si l’adversaire te laisse le fond de touche, tu dois aussi être capable d’aller le chercher. Il s’agit juste de bien observer comment les contres se positionnent, et d’annoncer dans la bonne zone. Tout en étant le plus rapide et précis possible.

Au rayon des déceptions, en plus de l’essai concédé sur ballon porté, votre défense a été franchie à deux reprises sur des déviations après touche. Sans parler du deuxième essai italien qui provient d’un renversement en première main… La défense après touche est-elle un point faible ?

On va regarder ça correctement et en parler avec tout le monde, voir ce que l’on peut mettre en place… Effectivement, nous avons été franchis à plusieurs reprises, et on prend cet essai à la fin. Il est évident que les Anglais l’auront remarqué et chercheront à mettre en place quelque chose pour exploiter cette faiblesse. À nous de ben travailler là-dessus. Et à trouver les solutions pour pallier nos erreurs.

Nicolas Zanardi
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