Symbole de la France qui gagne

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    Symbole de la France qui gagne
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Mathieu Bastareaud faisait partie de la dernière équipe de France a avoir remporté le Tournoi des 6 Nations en 2010 sour les ordres de Marc Lièvremont. Il en était même un des symboles forts.

Dans tous les sports, les victoires traversent les temps grâce à des images qui marquent l’inconscient populaire. Le grand chelem 1977 restera toujours associé à cette bande de quinze guerriers cornaqués par Jacques Fouroux. Le dernier grand chelem réussi par les Bleus date de 2010 et les passionnés le résument ainsi : le grand chelem de la mêlée et de Mathieu Bastareaud. Le paquet d’avants tricolores avait mis au supplice tous ses homologues et MathieuBastareaud, qui avait été écarté des Bleus l’année précédente après la tournée en Nouvelle-Zélande, s’était imposé en bulldozer au centre du terrain, capable de tracer un sillon dans le secteur offensif et de faire reculer notamment les Anglais grâce à des plaquages destructeurs dès que les coéquipiers de Jonny Wilkinson pensaient prendre le large lors du dernier match du Tournoi. Le trois-quarts centre toulonnais restera à jamais un des symboles de ce quinze de France, le dernier à avoir remporté le Tournoi des 6 Nations avec un grand chelem à la clé, seulement le neuvième du rugby tricolore. Mathieu Bastareaud avait d’ailleurs marqué les deux seuls essais français lors du premier match en Ecosse remporté 18 à 9, donnant ainsi le ton de ce Tournoi 2010. Il avait aussi été à l’origine de deux essais français lors de la victoire face à l’Irlande (33-10).

les statistiques sont en sa faveur

Alors, même si ce grand chelem ne reste pas dans les mémoires comme le plus audacieux du rugby français, Mathieu Bastareaud est un des rares survivants de cette époque bénie puisque Morgan Parra, titulaire en 2010, a dû déclarer forfait alors qu’il avait été convoqué par Jacques Brunel, et François Trinh-Duc a été rappelé juste avant le dernier match face à l’Italie après l’éviction de son coéquipier Anthony Belleau. Il est donc le seul titulaire de 2010 à être toujours présent dans le XV de départ de Jacques Brunel huit ans plus tard. « Il ne faut pas me dire ça, ça me fait me sentir vieux ! Cela fait huit ans, déjà. Huit ans… Heureusement qu’il y a la Beaux’ (Lionel Beauxis, N.D.L.R.) dans le groupe, qui a bien dépassé la trentaine. Blague à part, il y a toujours eu beaucoup d’attentes autour de moi, donc ça ne me change pas beaucoup en termes de pression. Là, les attentes sont un peu sur et en dehors du terrain, c’est vrai, mais ça ne change pas grand-chose. »

Alors que les Bleus doivent retrouver la culture de la gagne, ce petit truc en plus qui a cruellement fait défaut aux Bleus face à l’Irlande et l’Ecosse lors des deux premières journées, Mathieu Bastareaud est l’exemple à suivre pour cette équipe de France rajeunie. Il est d’ailleurs le joueur du groupe qui compte le meilleur ratio de victoires dans le Tournoi des 6 Nations (60,41 %) si l’on excepte Lionel Beauxis (60,71 %) mais ce dernier n’a démarré que sept matchs dans cette compétition. Encore plus édifiant à l’heure où cette équipe de France s’apprête à affronter l’Angleterre, MathieuBastareaud n’a jamais perdu au Stade de France contre le quinze de la Rose en trois confrontations. Chat noir des Anglais, ou porte-bonheur tricolore, Mathieu Bastareaud est avant tout le symbole d’un rugby français qui gagne. Rien de surprenant de le trouver toujours titulaire lors des quatre finales victorieuses de son club Toulon (2013, 2014, 2015 en Coupe d’Europe et 2014 en Top 14). 

Nicolas Augot
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