Thomas Domingo : « C’est une très bonne surprise »

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    Thomas Domingo : « C’est une très bonne surprise »
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Thomas Domingo - Pilier de Pau. L’international se félicite de la dynamique paloise et de ce nouveau départ.

Midi Olympique : La Section a frappé fort à Castres en signant une septième victoire consécutive.Quel est votre secret ?

Thomas Domingo : Un secret ? Je ne sais pas… Ce qui est sûr, c’est ce que ce groupe croit en ce qu’il fait et en son projet collectif. C’est sa force : même dans la difficulté, il sait garder le cap et continuer de tenter. Cette victoire à Castres résume bien cet état d’esprit : nous étions décrochés au score mais à force d’essayer, nous avons réussi à inverser le cours des événements. C’est ce qui s’est passé pour notre saison, aussi. Les deux défaites à domicile avaient fait mal mais l’équipe a continué sur la même voie, en misant sur le plaisir. Résultat : le retard a été rattrapé, tout le monde se régale et il y a une belle dynamique.

Vous êtes dans les six. Quelle est la clé pour y rester ?

Oui, enfin, nous avons réussi à entrer dans le peloton de tête.Mais tout le monde sait que ça peut tout aussi bien basculer de l’autre côté.Il nous faut être très vigilants et continuer à élever notre niveau de jeu car le moindre faux pas pourra être fatal.Cette équipe n’a pas donné sa pleine mesure, il y a moyen de trouver des ressources supplémentaires.

Comment avez-vous appréhendé le projet de jeu ambitieux de Simon Mannix ?

J’arrivais de Clermont qui avait une approche similaire, axée sur le mouvement.Ça ne m’a donc pas trop changé. J’aime ce style. Ça m’a toujours plu de pouvoir porter le ballon et d’avoir des espaces. Je prends du plaisir et je retrouve du temps de jeu.C’est tout ce que je voulais en signant à la Section.

Avec le recul, ce nouveau départ a-t-il dépassé vos espérances initiales ?

Oui, honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que ça se passe aussi bien. Je ne pensais pas jouer autant, notamment. C’est une très bonne surprise. C’était très dur de quitter Clermont.C’est mon club de cœur, là où je suis devenu rugbyman, là où j’ai connu des moments très forts. Mais il me fallait partir pour respirer. Dans les deux sens, c’était un pari. La Section m’a démarché et m’a proposé un contrat alors que j’étais dans le creux de la vague. C’était un vrai témoignage de confiance qui m’a touché.De mon côté, c’était un pari sur le plan personnel. J’avais à faire mes preuves en montrant que je n’étais pas fini pour le rugby.

Avez-vous douté de la suite de votre carrière quand les blessures s’enchaînaient et que la concurrence vous maintenait sur le banc ?

Il y a eu des moments durs à gérer, de gros moments de doute.Mais paradoxalement, même si je ne jouais pas, le fait d’être au contact de mes potes m’a incité à ne pas lâcher.Je ne voulais pas les abandonner, les trahir. C’est ce besoin de me rendre utile qui m’a maintenu à flot pendant un an et demi de galère. Ça m’a permis de rester accroché au wagon à Clermont.

La proposition de Pau, aussi, vous a relancé…

Oui, c’était tout sauf un choix par défaut. L’opportunité de venir dans ce club était vraiment intéressante.Il y avait une vraie dynamique d’enclenchée. J’avais envie d’apporter ma pierre à ce projet. Ce n’était pas pour faire un an de plus et basta. Il y a un potentiel pour que ce club devienne grand.Cela prend du temps mais il y a déjà des bases solides qui ont été posées. Après treize saisons à Clermont, comme avez-vous vécu l’adaptation à un nouvel environnement ? Je n’arrivais pas dans l’inconnu en fait. Je connaissais très bien Julien Pierre qui m’avait présenté le club et m’avait fait une bonne publicité en interne. J’avais aussi côtoyé Julien Tomas ou Pierrick Gunther.Je me suis très vite intégré. Tout s’est fait simplement.En parallèle, il y a une partie de ma famille qui est installée le Béarn, des cousins, ma grand-mère… J’ai retrouvé un cocon. En parlant de Julien Pierre, l’avez-vous chambré pour son premier succès à Castres en dix-sept ans ? Je ne peux pas trop me le permettre.C’était aussi ma première victoire à Pierre-Antoine. Disons que pour moi, c’est en douze saisons… Julien, on l’a plus moqué sur sa percée de la première période.

Comment vivez-vous la saison calvaire de Clermont ?

Ça me fait mal au cœur. D’autant plus que ce sont des copains qui sont sur le terrain.Toutes les semaines, j’en ai un ou deux au téléphone.Ils sont dans le dur et ont du mal à s’en sortir.Avec toutes les blessures, il n’y a rien qui les aide.

Un dernier petit mot sur l’équipe de France : est-ce encore dans un coin de votre tête ?

Ça me manque, bien sûr.J’ai vécu des moments exceptionnels en bleu. Mes objectifs pour cette saison étaient de gagner du temps de jeu et de retrouver le plaisir.La sélection, ça appartient à mon passé. Après, si tout se passe bien… Mais quand je regarde le poste de pilier gauche, je vois qu’il y a beaucoup de joueurs de très haute qualité.

Vincent Bissonnet
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