Par tous les états

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Publié le / Mis à jour le

L’équipe de France termine à la quatrième place ce premier Tournoi de l’ère Brunel. Si les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous, les Bleus ont fait preuve d’un état d’esprit encourageant. La défense tricolore a été une satisfaction, l’animation offensive est toujours en construction.

Du drop de Jonathan Sexton lors du match d’ouverture contre l’Irlande à la pénalité manquée de François Trinh-Duc face au pays de Galles, en passant par la folle nuit écossaise, la délocalisation d’une rencontre à Marseille et l’exploit face à l’Angleterre, les Bleus sont passés par toutes les émotions, par tous les états, de la peur d’une cuiller de bois à une prometteuse deuxième place encore accessible avant la dernière journée. C’est la fameuse magie du Tournoi des 6 Nations qui demeure néanmoins peu satisfaisant pour les Bleus en terme de résultats avec seulement deux succès en cinq rencontres. Personne ne peut se réjouir d’une quatrième place. Le sélectionneur en était le premier conscient ce samedi : « Nous avons été très près des meilleurs. Deux points face à l’Irlande, un face au pays de Galles... Ces faibles écarts nous auraient permis de basculer dans une autre dimension au classement et en termes de confiance. Donc, le bilan est à la fois satisfaisant et pas satisfaisant. Il nous manque peu de choses, mais il va falloir être capable de les améliorer rapidement. Mais on a une assise de joueurs, technique et surtout un état d’esprit qui peut faire penser que l’on va progresser rapidement. » 

Les Bleus terminent avec l’espoir que les courtes défaites de cet hiver se transformeront rapidement en victoires d’ici la Coupe du monde 2019. Pourquoi un tel optimisme alors que les Français sont les champions du monde des victoires encourageantes ces dernières années ? Parce que Jacques Brunel et son staff ont d’abord tout misé sur la cohérence du système défensif pour construire un état d’esprit, une cohésion collective qui avait cruellement fait défaut aux Bleus lors de la tournée de novembre. Après cinq matchs, l’équipe de France est au niveau des meilleures équipes européenne dans ce secteur. « On peut s’appuyer sur notre défense, se félicitait Maxime Machenaud dans les couloirs du Principality Stadium, C’est la base de ce sport. On ne peut pas tout miser dessus parce que nous avons d’autres ambitions, parce que nous sommes capables de créer du volume de jeu, mais la défense est un socle capital. On s’est retrouvés dans certaines valeurs qu’il va falloir être capables de conserver. Mais nous devrons mettre plus d’intelligence dans tout ce que nous faisons. Il faut par exemple mieux gérer les temps forts et les temps faibles. » à l’image de ces fins de matchs que les Français n’ont pas su aborder puisque l’Irlande s’est imposée au Stade de France au bout d’une action interminable, que l’écosse était menée au score sur sa pelouse à moins de dix minutes du terme, que l’Angleterre a eu droit à d’incroyables cadeaux alors que la victoire de Guirado et de ses hommes ne tenait plus qu’à un fil. Même chose au pays de Galles mais les Bleus perdaient le fil après l’échec de François Trinh-Duc à la 67e minute. Seul, le final face à l’Italie a été à l’avantage des Tricolores.

Pendant cet hiver, les Bleus auront aussi réussi à retrouver un soutien populaire que l’on pensait en berne. En raison de l’absence de résultats bien sûr, mais la virée nocturne en écosse avait fini de ternir l’image du XV de France. Jacques Brunel et son staff ont su faire de cet épisode dramatique un élément fédérateur en remportant les deux matchs suivants, dont le «Crunch» qui échappait aux Français depuis 2014. Cela a aussi permis de constater que Guilhem Guirado n’est plus seul à tenir la barre. Il a trouvé un précieux allié avec Mathieu Bastareaud. Et le staff technique a pu voir d’autres joueurs s’affirmer comme de possibles leaders dans les mois à venir. Passés par toutes les émotions, les Tricolores en sont sortis soudés, avec un moral regonflé. Il faudrait qu’il le soit pour partir en Nouvelle-Zélande au mois de juin.

Nicolas Augot
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