Nevers avec force et courage

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    Nevers avec force et courage
Publié le / Mis à jour le

Dans un stade plein, les Neversois ont signé une cinquième victoire de rang. Malgré l’adversité d’une belle équipe angoumoisine. Et pour Julien Janaudy, leur ami trop tôt parti.

Le résumé

Pour la dernière sortie des Nivernais dans leur chaudron du Pré-Fleuri, qui affichait complet, l’émotion liée à la disparition du talonneur Julien Janaudy, le dimanche précédent, a teintée l’avant-match de tristesse. Dès le coup d’envoi donné, le sport a repris ses droit, lançant les deux équipes en présence dans une course échevelée, finalement remportée par les Jaunets, 34-19. En inscrivant le premier essai, grâce à l’ailier Brice Labadie, les Angoumoisins montrèrent qu’ils n’étaient pas venus en touristes même s’ils n’avaient plus rien à espérer au classement avant cette rencontre. La réaction des Bourguignons, plus forts en mêlée fermée mais trop inconstants en touche, fut quasi instantanée, Hugo Fabrègue terminant un travail entamé par le pilier Nemo Roelofse. Puis, juste avant la pause, profitant d’une supériorité numérique (carton jaune à Shalva Sutiashvili), les locaux inscrivirent un deuxième essai par le centre Conor Trainor, qui avait remplacé Rudy Derrieux, touché à la jambe droite. La deuxième période tarda à retrouver du gaz jusqu’à ce que Josaia Raisuqe n’enflamme le stade en jouant une pénalité à la main depuis ses 22. Ce coup de folie ou de génie, comme l’on veut, déboucha sur l’essai de Stéphane Bouvalot. Ce fut le point de départ d’une demi-heure complètement ahurissante. Soyaux-Angoulême lâcha les chevaux, obligeant les Jaunets à puiser, cette fois, dans leur courage pour endiguer les vagues charantaises. Le SA XV égalisa au nombre d’essais, avec les réalisations de Callum Wilson et d’Adrien Ayestaran, et se rapprocha au score (27-19, 65e’). Mais le mot de la fin revint aux Neversois, Trainor améliorant ses statistiques et le pilier Mehdi Mérabet transformant ce quatrième essai sous les applaudissements d’un public conquis.

L’action du match : le coup de poker de Raisuqe

Depuis la pause, Nevers mène 17-5, deux essais à un. La reprise est un peu molle même si un léger accrochage secoue un peu les deux camps. Mais c’est à la 51e minute que tout va basculer. Nevers obtient une pénalité, à hauteur de ses 22. Tout le monde s’attend àce que les Neversois tapent en touche mais Josaia Rasuqe décide de la jouer à la main. Il s’arrache, fidèle à son style de puissance et d’agilité mêlées, Plus d’une minute plus tard, l’autre ailier, Stéphane Bonvalot, tout aussi diabolique, perfore la défense visiteuse en plein cœur et file à l’essai. A partir de ce moment-là, Angoulême se hissant au niveau de volonté de Nevers, le match prit une autre dimension. Énorme.

L’homme du match : l’esprit de Janaudy

Il n’est plus là. Julien Janaudy, inhumé quelques heures plus tôt, en Isère, a pourtant pris toute la place. Tous, joueurs, entraîneurs, membres du club avaient revêtu un t-shirt blanc, floqué dans le dos du numéro 2 et de ce surnom : Jano ; devant, les blasons des clubs dans lesquels il avait évolué. Puis les joueurs des deux camps ont formé un grand cercle en mémoire de celui qui était l’un des leurs. Les Neversois arboraient les chaussettes du CSBJ, club de Bourgoin-Jallieu où Janaudy était adulé. Leur maillot portait, au dos, le nom brodé de leur ami et quand la mêlée neversoise affronta sa rivale, elle donna à chaque fois l’impression de pousser à neuf. Julien était là, dans leur cœur, à jamais.

Les meilleurs

A Nevers : Raisuqe, Trainor, Bonvalot, Faleali’i, Bastide, Toleafoa, Roelofse, Genevois, Sénéca.
A Soyaux-Angoulême : Wilson, Sitauti, Roger, Laforgue, Witt, N’Zi, Lescure, Halavatau.

 

Par Antoine Deschamps

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