"J'ai décidé de mettre mon ego de côté"

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    "J'ai décidé de mettre mon ego de côté"
Publié le , mis à jour

Marc Barthomeuf est le talonneur d’Agen titularisé pour la deuxième fois de la saison en Top 14 contre Oyonnax, il est sorti au bout de 26 minutes. C’était prévu. Il nous explique pourquoi.

Midi Olympique : Le SUALG a-t-il remporté la victoire la plus importante de sa saison samedi?

Marc Barthomeuf : Je ne sais pas si c’est la plus importante, parce que chaque point compte au même titre que les autres, mais c’est vrai qu’elle est arrivée au meilleur moment, face à un concurrent direct qui plus est.Surtout, elle nous a permis de franchir une belle marche en vue du maintien.

À titre personnel, comment avez-vous vécu cette deuxième titularisation de la saison ?

C’était le match le plus important de l’année alors je l’ai commencé avec beaucoup de fierté et d’envie. Mauricio Reggiardo vous avait prévenu dans la semaine que vous joueriez seulement 25 minutes.

Comment l’avez-vous pris ?

Ça a été très dur à accepter mais j’ai décidé de mettre mon ego de côté, au bénéfice du groupe. Il m’a expliqué qu’il pensait que c’était la meilleure stratégie… Alors je lui ai dit que si ça pouvait nous permettre de faire un bon match et de gagner, je jouerai seulement vingt-cinq minutes sans problème.

Avez-vous hésité ?

Pas du tout.

Qu’attendait-il de vous exactement ?

Il m’a demandé de faire 25 minutes à fond. À Agen, nous ratons souvent nos entames de matchs et il souhaitait que je sois là pour faire monter la pression comme on dit, afin que notre début de partie soit réussi cette fois. J’ai essayé de le faire, de parler dans le vestiaire (on l’a vu haranguer ses coéquipiers avec les larmes aux yeux dans l’avant-match sur les images de Canal +, N.D.L.R.) mais il n’y en avait pas vraiment besoin en fait. Je crois que le groupe était prêt.Ça n’a pas été très compliqué de préparer tout le monde à réaliser une grosse entame.

Qu’est-ce qui a fait que le groupe était prêt ?

C’est un tout…Le petit stage que nous avons fait (à Casteljaloux de jeudi à samedi.) nous a permis de tous prendre conscience de l’enjeu de ce match.Le fait d’être entre nous nous a aidé à le préparer différemment.Vivre ensemble durant ces trois jours a permis de mieux prendre la mesure de ce qu’il aurait pu se passer si nous avions perdu. On ne voulait surtout pas se mettre de pression négative. On s’est dit qu’on voulait juste bien faire, en mettant en place notre jeu. On savait que si on jouait notre rugby, il y avait de l’écart entre les deux équipes.

Est-ce ce que vous avez dit à vos coéquipiers avant le match ?

Exactement.

Dans quel état d’esprit êtes-vous sorti du terrain à la 27e minute de jeu ?

Ce n’était pas évident. J’étais frustré évidemment, mais je me suis dit que si la stratégie fonctionnait, ce serait très vite oublié.

Et c’est déjà oublié ?

Quasiment. Je préfère ça que me blesser la veille d’une finale par exemple, comme cela avait le cas le 20 mai dernier, à la veille de la finale d’accession…Je m’étais rompu le tendon d’Achille et j’ai été absent durant huit mois. J’ai un peu repris en Challenge cup et été titularisé à Toulon. On avait décidé que ce match serait notre finale alors avoir la confiance des entraîneurs était assez important pour moi.Je l’ai un peu vécu comme la finale que je n’ai pas jouée l’an dernier.

Emilie Dudon
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