Sur quatre piliers

  • Sur quatre piliers
    Sur quatre piliers
Publié le , mis à jour

LANNEMEZAN - Fédérale 2. Il y a trois ans, une bande de copains a pris en mains les destinées du CAL, condamné à la descente en deuxième division amateurs. Mission de réhabilitation réussie.

Par Gérard PIFFETEAU

En Hautes-Pyrénées, lorsqu’on évoque ces bastions qui ont dû lâcher prise sous la pression d’un système libéral mijoté à la sauce rugby, les Tarbes, Lourdes ou Bagnères-de-Bigorre sont généralement cités en exemple. C’est dire ce que fut la richesse du terroir. Le cas de Lannemezan n’est pas aussi spectaculaire. Pourtant, le CAL a lui aussi une histoire dont quelques pages se sont écrites, brièvement, en Pro D2. Il s’y est brûlé les ailes, eu égard ses structures et la dimension économique de la ville, si profondément, que le retour immédiat sur le plancher de la Fédérale 1 a été douloureux. Le rebond ? Il s’est produit il y a trois ans avec l’arrivée d’une dizaine d’amis d’enfance qui se refusaient à voir leur club décliner.

Les présidents Jean-Philippe Dastugue et Bernard Duclos, le manager Christophe Schneider et leur équipe se sont alors ancrés à quatre piliers : remettre à l’équilibre un bilan financier qui affichait un déficit de 100 000 € (mission accomplie avec un budget actuel de 450 000 €) ; mettre en place une vraie politique de formation ; travailler à l’obtention de bons résultats sportifs (ce qui est le cas depuis deux saisons avec les coachs Vincent Baute et Jean Bailles) ; enfin, créer un climat de convivialité autour du stade et, là encore, l’engouement actuel révèle un nouvel élan. Jean-Philippe Dastugue l’avoue : « Le pire eut été que l’indifférence s’installe mais c’est l’inverse qui s’est produit. En vérité, le groupe de dirigeants partage tout. Tous les sujets importants sont débattus et les décisions prises en collégialité. »

Initialement, la bande de quadra, dont font partie le secrétaire Philippe Barrangué et le trésorier Lionel Bégué, vit une belle aventure qui lui redonne foi en l’avenir. C’est si vrai que tous ensemble, forts de leurs acquis et de leurs convictions, ils feront une quatrième année. Capitaine emblématique, le fidèle deuxième ligne David Dasté ne pourra que s’en réjouir et, avec lui, un collectif dont l’ambition est devenue légitime.

Une histoire de passion

« Depuis la reprise du club, nous essayons de reconstruire et les perspectives sont bonnes, se réjouit le jeune manager Christophe Schneider. Avec les amis, nous avons joué ensemble et nous nous sommes tous retroussés les manches. Nous avons d’abord été très concentrés sur les finances et la reconstruction du groupe de joueurs qui a été renforcé par quelques éléments dont Van de Kerkhove, Christophe Dasque ou l’international tchèque Loutocky. Des joueurs de Lannemezan se sont mis au niveau et le collectif a sensiblement progressé en comprenant le projet. Il arrive à maturité. » Et si le potentiel humain n’est pas amoindri par les blessures, l’aventure des phases finales pourrait se révéler très excitante. Car les rugbymen du plateau possèdent les bonnes armes en misant sur un rugby de mouvement qui leur convient. Manager et entraîneurs prônent un jeu le plus attrayant possible afin d’accomplir une de leurs missions soulignée par Christophe Schneider : « Nous voulons que les supporters reviennent au stade. » Bien que le CAL espère conserver la deuxième place de sa poule, il n’y a aucune attente particulière en ce qui concerne un retour en Fédérale 1. Cependant, même si la problématique des équipes espoirs est pesante, le club ne refuserait pas cette promotion. « Les choses ont changé. Les moyens ne sont plus les mêmes, on ferraille pour trouver des sponsors mais à Lannemezan, le rugby reste une histoire de passion et d’amour. » Le CAL est toujours vivant.

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?