La course aux JIFF

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Où sont les Giteau, Nonu, Vito, Cruden ou autre Pienaar sur le marché des transferts 2018 alors que le Top 14 va dire au revoir à Carter, Habana, Vermeulen, Smith, Albacete ? Mis à part Jérôme Kaino à Toulouse, pour le moment les recrutements sont bien pauvres en matière d’arrivée de stars estampillées Super Rugby cette saison.

Où sont les Giteau, Nonu, Vito, Cruden ou autre Pienaar sur le marché des transferts 2018 alors que le Top 14 va dire au revoir à Carter, Habana, Vermeulen, Smith, Albacete ? Mis à part Jérôme Kaino à Toulouse, pour le moment les recrutements sont bien pauvres en matière d’arrivée de stars estampillées Super Rugby cette saison. Non, c’est plutôt les Delhommel (à Montpellier), Arrate (Paris), Malafosse (Pau), Plessis-Couillaud (La Rochelle), Klemenczak (Racing 92), Onambélé (Toulon) qui ont fait l’actualité ! Des quasi-inconnus, sauf pour les aficionados assidus du ProD2, qui possèdent parmi leurs qualités rugbystiques d’avoir pleinement le statut de Jiff (pour Joueurs Issus des Filières de Formation). Le gros coup en matière de recrutement ? C’est aussi un international français qui a bien passé trois ans en centre de formation : Yoann Maestri qui s’en va de Toulouse pour La Rochelle. Et le dossier brûlant du moment, c’est Gaël Fickou que Toulouse va peut-être libérer pour le Racing 92 ! C’est une course effrénée aux Jiff qui se déroule. À croire qu’il suffit de l’être pour trouver un contrat. Les exemples sont multiples et ne concernent pas seulement les jeunes prometteurs. Ainsi Erbani (28 ans en route pour Pau), Andreu (32 ans vers Toulon), ou Tales (34 ans qui finira à Mont-de-Marsan), connaissent déjà leur avenir.

15, 16 puis 17 JIFF sur la feuille de match

Auparavant, ce « marché » ne débutait qu’à l’issue de la saison et s’étirait durant le mois de juillet. Il n’était pas rare de voir un international débuter l’été sans savoir où il allait poser ses valises. Seulement, en février dernier, le comité directeur de la LNR a confirmé le passage à 15 joueurs Jiff par feuille de match en moyenne pour la saison prochaine. En 2019-2020, elle passera à 16, sous peine de se voir retirer des points. Elle montera même à 17 en 2020-2021. Une règle qui s’appliquera sur la totalité des matchs de Top 14 et Pro D2, phases finales comprises. « Résultat, leurs salaires explosent, pestait en cette fin de semaine le président du RCT Mourad Boudjellal. J’estime la majoration de leur salaire à 40 %, quand elle était à 20 % au début du dispositif. Un joueur de Pro D2 qui émarge à 4 000 ou 5 000 euros, on se le bataille à 12000-14 000 euros ! Avec en plus un Salary Cap très restrictif, tu dois changer ta politique de recrutement. » Car les clubs qui ne respectent pas la règle vont se retrouver dorénavant lourdement pénalisés. Des retraits de points sur la saison suivante pourront leur être signifiés. « Débuter un Top 14 avec 4 ou 12 points en moins, quand tu vois que la qualification ou le maintien se jouent à un point… »

une règle qui porte ses fruits

On s’arrache donc les joueurs français qui sont de plus en plus assurés de jouer avec ce procédé. « Je n’aligne pas ma meilleure équipe sur le papier chaque week-end mais je compose en fonction de cette règle ! », indiquait sous couvert d’anonymat un manager de Top 14. Décriée à ses débuts, attaquée par un international français d’origine sud-africaine Scott Spedding qui espère en obtenir le statut, la règle des Jiff mis en place par le duo Revol-Perez commence à porter ses fruits. Le Top14 attire moins de stars du Sud, mais pourrait bien en faire naître ! Carbonel à Toulon, Fouyssac à Toulouse ou Etien à Paris sont des noms qu’il faut suivre car ils n’ont plus un Anglais, un All Black ou un Sud-Africain pour les priver de temps de jeu.

Pierre-Laurent Gou
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