« Augmenter les recettes générées par les phases finales »

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    « Augmenter les recettes générées par les phases finales »
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L'interview de Patrick Wolff, ancien vice-président de la Ligue

Dans quelles conditions et dans quelle optique ont été créés les barrages de Top 14 ?

Ils furent créés par Pierre-Yves Revol lors de sa deuxième année de présidence de la Ligue. Il souhaitait redonner du peps à la fin du championnat, augmenter les recettes générées par les phases finales et rendre le championnat plus équitable pour les équipes qui comptaient beaucoup d’internationaux.

Et quoi les barrages rendaient-ils le championnat plus équitable ?

Parce qu’au cours de la saison, les équipes qui comptaient le plus grand nombre d’internationaux étaient parfois trop pénalisées par les absences, et cela donnait trop de résultats anormaux. À la période des barrages, ces équipes pouvaient compter sur leur effectif complet et se montraient plus compétitives.

Était-ce aussi une façon de prolonger le plaisir des phases finales ?

Oui, mais surtout on trouvait une nouvelle source de revenus, tant dans les stades qu’auprès des annonceurs et du diffuseur. Ce dernier voyait ses audiences augmenter car les gens sont friands de matchs à enjeux. Et puis, à l’époque, on retrouvait souvent les mêmes clubs en phases finales. Les barrages offraient donc une chance supplémentaire de bousculer l’ordre établi.

Quelles réactions ont suscité l’idée de faire des barrages ?

L’idée n’a pas vraiment fait débat car quand six clubs sont concernés par la phase finale au lieu de quatre, les gens sont forcément intéressés. Et puis, encore une fois, cela générait des revenus supplémentaires. Je me souviens aussi que moins de clubs jouaient la Coupe d’Europe à fond qu’aujourd’hui, et ceux qui jouaient le Challenge avaient moins de chances d’être concernés par les barrages.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ces matchs de barrages ?

Le rugby n’est pas un sport qui doit s’orienter vers la quête perpétuelle d’argent. La multiplication des matchs n’est pas pour moi une solution dans un sport devenu extrêmement rude aujourd’hui. Maintenant, cela correspond à une attente des téléspectateurs, des diffuseurs et des médias sur laquelle il faudra un jour s’interroger, et choisir entre le sport et l’économie. Mais c’est l’éternel débat.

Quelles sont les retombées économiques d’un match de barrages ?

Au départ, les recettes étaient partagées entre les deux équipes, et le match se jouait généralement dans un stade plein. Donc les retombées étaient conséquentes pour ces deux clubs, même si elles dépendaient logiquement beaucoup de la capacité du stade dans lequel le match se tenait. Mais dans tous les cas, il s’agissait d’un vrai bonus pour les clubs. Et personne ne s’en est plaint : même en Pro D2, on a vu cette année que les matchs de barrage ont eu un vrai succès. Ces recettes supplémentaires ont été la compensation proposée aux clubs de Pro D2 contre la suppression de la double montée.

Sur le plan sportif, les barrages semblent aussi créer une dynamique car la moitié des huit derniers champions de France sont passés par les barrages…

C’est vrai, mais cela vient aussi du fait que le niveau du haut de tableau s’est beaucoup resserré. Cette saison l’a encore montré, quand on voit le nombre de clubs qui ont participé à la course à la qualification jusqu’au bout… 

Simon Valzer
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