La gloire de leur père

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    La gloire de leur père
Publié le , mis à jour

Après dix-neuf années d’une carrière exceptionnelle, Aurélien Rougerie prendra sa retraite, samedi, laissant derrière lui un héritage immense. Pour tout un club.

Voilà, c’est fini. Et c’était bien. Mais Aurélien Rougerie, après trois années à repousser l’échéance, le temps de s’adjuger un second Bouclier de Brennus, raccrochera bel et bien les crampons ce samedi, à Marcel-Michelin. La fin d’un monde en Auvergne, qui trouvera dans ce départ l’occasion de mettre un peu de joie et d’émotion au terme du dernier match de cette saison 2017-2018 franchement ratée. « J’espérais une fin de saison et de carrière un peu meilleures. C’est comme ça. La beauté du sport, ce sont aussi ses aléas. On fait avec », philosophait le joueur il y a dix jours.

Et qu’importe le contexte, après tout. L’échec est désormais acté dans le passé, quand le temps du bilan et ses conséquences viendra bien assez tôt. Le temps d’un match, d’une bulle hors du temps, Clermont sera en fête.

Cette sortie, Rougerie l’appréhende de longue date. « Ma fin de carrière est anticipée et digérée depuis un moment. On verra bien comment je l’encaisse mais je n’ai pas peur. On y passera tous, pas le choix. Le temps est plus fort que nous. »

« Je ne suis pas un phénomène »

L’émotion, malgré tout, sera là. « Des pincements au cœur il va y en avoir un, puis deux, puis trois. Il y en aura beaucoup. Il y en aura pour moi mais aussi pour mes proches ». Ils seront légitimes, après dix-neuf années passées dans la même structure professionnelle et trente années de licence dans un seul et unique club. Phénoménal ? Il contredit. « Je ne suis pas un phénomène. Une exception ? Peut-être. Mais je suis simplement parti du fait que l’herbe n’était pas toujours plus verte ailleurs. Ce club a évolué en même temps que moi. J’ai commencé, on faisait la muscu sous la tribune, avec les haltérophiles de l’ASM omnisports. On a tous découvert le haut niveau. La suite m’a donné raison de ne pas aller voir ailleurs ». Cette suite sera à Clermont, à l’ASM, encore et toujours. En tant que recruteur.

« Je sais où je vais après, ça évite la nostalgie. Mais l’heure est au bilan. J’ai attendu au maximum pour le faire, mais l’heure est venue. J’ai eu la chance de faire tant de choses dans ma vie de joueur. Je ne sais pas si la suite sera mieux ou moins bien. Elle sera différente, c’est sûr ». Elle le sera pour tout un club.

Léo Faure
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